Ils avaient enfermé un Noir dans un cercueil : deux Sud-Africains condamnés

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Ils avaient enfermé un Noir dans un cercueil : deux Sud-Africains condamnés
Cette affaire illustre la persistance des tensions raciales vingt-trois ans après la fin de l'apartheid.@ JEFF PACHOUD / AFP
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L'homme noir de 27 ans avait été enfermé dans un cercueil par deux fermiers blancs, alors qu'il les suppliait de ne pas le tuer.

La justice sud-africaine a condamné vendredi deux fermiers blancs à des peines de 19 et 16 ans de prison pour avoir tenté d'enfermer un Noir dans un cercueil et l'avoir menacé de mort.

"Déshumanisant et répugnant". "Le comportement des accusés a été des plus déshumanisant et répugnant", a déclaré la juge Segopotje Mphahlele, rendant son jugement devant la haute cour de Middelburg, à 165 km à l'est de Johannesburg. Willem Oosthuizen et Theo Martins Jackson, qui avaient plaidé non coupable, ont accueilli nerveusement leur condamnation, inclinant la tête sur le banc des accusés tandis que des membres de leur famille éclataient en sanglots dans le public.

Une vidéo extrêmement choquante. Les faits remontent à l'an dernier mais l'affaire n'avait éclaté au grand jour que plusieurs mois après, à la suite de la diffusion sur Internet d'une vidéo montrant le calvaire infligé à Victor Mlotshwa. Sur ce clip de 20 secondes, le jeune Noir de 27 ans est allongé dans un cercueil flambant neuf, posé sur un sol rocailleux et poussiéreux. L'un des fermiers tente de fermer le cercueil, tandis que la victime gémit et essaie coûte que coûte de l'en empêcher. Sur une deuxième vidéo tout aussi accablante révélée pendant le procès le jeune homme supplie "s'il vous plaît, ne me tuez pas", alors qu'un de ses agresseurs menace de jeter de l'essence dans le cercueil pour l'enflammer.

De lourdes peines. Willem Oosthuizen a été condamné à 16 ans de réclusion, dont cinq avec sursis, et Theo Martins Jackson à 19 ans, dont cinq avec sursis. Pour la juge, qui a souligné que ce n'était pas le premier incident du genre impliquant les deux accusés, leur attitude "attise les tensions raciales" dans le pays, 23 ans après la fin du régime raciste de l'apartheid. Elle a également estimé que "l'attitude des accusés pendant le procès a clairement démontré une absence de remords". Présent à l'audience de sentence, Victor Mlotshwa arborait un large sourire après le prononcé de la peine, tandis que des militants du Congrès national Africain (ANC) au pouvoir, qui avait apporté son soutien à la victime, ont manifesté leur joie.