Il parie sur la tête de ses employés

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Il parie sur la tête de ses employés
Le patron proposait 10 dollars à ses employés s’ils parvenaient à prédire quel serait le prochain d’entre eux licencié.@ MAX PPP
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Un patron américain a été jugé après avoir organisé des paris sur les prochains licenciements.

La presse américaine l’a surnommé le "patron de l’enfer". William Ernst, dirigeant d’un magasin à Bettendorf, dans l’Iowa, a comparu devant la justice américaine lundi pour avoir proposé à ses employés 10 dollars s’ils parvenaient à prédire quel serait le prochain d’entre eux licencié, raconte le journal américain USA Today.

William Ernst, 57 ans, avait tout prévu pour orchestrer ce jeu malsain au sein de son entreprise. Les employés étaient surveillés par des acheteurs déguisés qui avaient reçu l’ordre de dénoncer tous les faux pas des salariés. Par exemple, si un employé avait laissé sa voiture sur l’espace de stationnement de l’entreprise après 7 heures et si, en plus, il avait passé trop de temps à la machine à café alors il pouvait être dénoncé au patron et surtout désigné comme futur cible de licenciement par ses propres collègues.

Concrètement : chacun des employés devait faire suivre un mail avec le nom de la personne qu’il jugeait comme étant la plus proche du renvoi. Et, si les salariés ne participaient pas spontanément, un "mémo" leur était envoyé par mail pour les inciter à participer. Au début, les employés ont cru à une blague, mais, ce qui était initialement présenté comme un simple jeu a rapidement tourné au cauchemar.

Climat de paranoïa

Rapidement, un climat de paranoïa s’est installé au cœur de l’entreprise, gonflant la méfiance des employés les uns vis-à-vis des autres et poussant certains d’entre eux à la délation. Jusqu’au jour où une employée, Misty Shelsky, excédée par ce climat hostile, a décidé de quitter l’entreprise. Le directeur refusant de lui verser ses indemnités, la jeune femme a décidé de porter plainte. C’est là ce que le "jeu" a été mis à jour.

L’employée a témoigné au nom de ses collègues affirmant que tous avaient démissionné à cause de l'environnement de travail hostile créé par le concours. Au final, la juge a donné raison à l’employée et a dénoncé les techniques "sadiques et déplorables" de management du dirigeant de l’entreprise.