Huit Brésiliens condamnés à de la prison ferme pour "promotion du terrorisme" pendant les JO

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Huit Brésiliens condamnés à de la prison ferme pour "promotion du terrorisme" pendant les JO
Le tribunal de Curitiba a condamné les huit accusés à des peines lourdes@ capture d'écran google street view
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Les condamnés avaient discuté de cibles, d'allégeance à l'EI et de fabrication de bombes artisanales pour imaginer un projet d'attentat pendant les Jeux olympiques de Rio en 2016.

La justice brésilienne a condamné jeudi à des peines allant jusqu'à 15 ans de prison huit personnes reconnues coupables de "promotion d'actes terroristes" du groupe djihadiste État islamique et d'avoir envisagé des attaques pendant les Jeux olympiques de 2016.

Condamnés à de la prison ferme. Il s'agit des premières condamnations dans le cadre de la nouvelle loi antiterroriste promulguée en mars 2016 par la présidente de l'époque, Dilma Rousseff, en vue des JO de Rio de Janeiro. Les peines vont de cinq à 15 ans de prison ferme, a indiqué le tribunal de Curitiba (dans le sud du pays), où l'affaire a été jugée. Les condamnés, âgés de 19 à 33 ans, peuvent faire appel. Ils étaient écroués depuis juillet, après un coup de filet de la police qui s'inscrivait dans le cadre de l'"Opération Hashtag", dont l'objectif était de garantir la sécurité des JO de Rio.

La promotion d'actes terroristes sur les réseaux sociaux. Selon la décision du juge Marcos Josegrei da Silva, la promotion "d'actes terroristes" se faisait à travers des réseaux sociaux, sur lesquels ces personnes partageaient des contenus djihadistes et communiquaient entre elles à travers des groupes fermés, du 17 mars au 21 juillet 2016. Ces personnes "exaltaient et célébraient des actes terroristes déjà perpétrés dans le monde entier, publiant des vidéos de photos d'exécutions publiques de l'État islamique et des instructions pour prêter serment au leader du groupe", a expliqué le juge.

Passer du "plan virtuel" à la pratique. Le groupe aurait également "discuté de cibles potentielles au Brésil - des étrangers pendant les Jeux olympiques, des homosexuels, des musulmans chiites ou des juifs - et d'indications pour la fabrication de bombes artisanales, l'usage d'armes blanches et l'acquisition d'armes à feu", a-t-il souligné. 

Dans des conversations à travers l'application Telegram interceptées par la police, les membres du groupe "manifestaient l'idée qu'ils devaient sortir du plan virtuel pour commencer à agir dans la pratique", et de "profiter des Jeux olympiques", avait expliqué en septembre le procureur Rafael Brum. "S'il s'agit seulement de parler du sujet et de continuer à publier des photos de décapitations, comme dans le groupe What'sApp, sans l'intention de réaliser cela de nos propres mains, dans ce cas, dites-le moi, parce que je pars", aurait dit un des participants, selon le procureur.

Aucun projet concret n'a été découvert. Aucune preuve de l'existence d'un projet concret ou de liens effectifs avec l'EI n'a été trouvée et par conséquent les membres du groupe n'ont pas été poursuivis pour des "actes préparatoires de terrorisme", a-t-il poursuivi. En revanche, "les thèses selon lesquelles les messages et les conversations n'étaient rien d'autre que l'expression d'une curiosité religieuses, de simples fanfaronnades ou des blagues" n'ont pas été retenues. Les Jeux olympiques de Rio se sont déroulés du 5 au 21 août sans incidents majeurs. 85.000 policiers et militaires avaient été mobilisés pour assurer leur sécurité.