Grèce : Tsipras remanie son gouvernement

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Grèce : Tsipras remanie son gouvernement
@ ARIS MESSINIS / AFP
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MANOEUVRES - Le Premier ministre grec a procédé à un remaniement ministériel pour évincer trois ministres frondeurs qui s'étaient élevés contre les réformes qu'Alexis Tsipras avait acceptées pour ne pas rompre le dialogue avec l'UE. 

Un remaniement en signe de bonne volonté. En évinçant trois de ses ministres qui s'étaient opposés aux réformes qu'il avait proposées, Alexis Tsipras montre qu'il cherche le consensus alors qu'il va négocier un troisième plan d'aide auprès de l'Union européenne, et qu'il a déjà bénéficié d'une aide exceptionnelle de 7 milliards d'euros vendredi. Lors de ce remaniement ministériel, le Premier ministre grec a également maintenu à son poste Euclide Tsakalatos, son ministre des Finances, très apprécié de ses collègues de la zone euro. 

De violents incendies de forêt qui ravagent le pays. Ce remaniement intervient alors qu'Alexis Tsipras avait déjà du faire face à une fronde de 32 députés dissidents de Syriza, qui avaient décrié l'attitude trop conciliante de leur leader auprès des chefs d'Etats européens. Le cabinet du Premier ministre a toutefois prévenu que la passation de pouvoir serait repoussée en raison des incendies de forêt qui se sont déclarés vendredi près d'Athènes et dans le sud du Péloponnèse. 

Valeur de symbole. Ce remaniement, le premier d'envergure depuis l'arrivée de Syriza au pouvoir il y a six mois, s'apparente à une reprise en main et a valeur de message adressé aux créanciers, qui continuent à douter de la volonté - et de la capacité - de l'exécutif grec de tenir ses engagements. 

80 milliards d'euros à la clé. Il s'agit aussi pour Alexis Tsipras de présenter un exécutif rassemblé et en ordre de marche avant le vote au plus tard le 22 juillet du deuxième train de mesures demandées par les créanciers, qui concernent cette fois les banques et la justice civile. Et l'enjeu est de taille pour la Grèce, puisqu'il s'agit de convaincre ses partenaires de sa capacité à engager des réformes profondes, condition sine qua non à l'obtention de ce troisième plan d'aide de 80 milliards d'euros.