Espoirs et craintes en Europe après la victoire de Syriza en Grèce

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Espoirs et craintes en Europe après la victoire de Syriza en Grèce
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RÉACTIONS - Craintes de turbulences dans la zone euro ou enthousiasme pour le tournant politique engagé en Grèce, la victoire de Syriza, le parti anti-austérité, ne laisse personne indifférent en Europe. 

La Grèce suscite espoirs et craintes. La Grèce n'est plus seulement le berceau de la démocratie européenne. Lundi, elle est devenue l'épicentre d'un séisme politique qui pourrait ébranler toute l'Europe. Après la victoire de Syriza (littéralement "coalition de la gauche radicale" en grec), le parti mené par Alexis Tsipras aux élections législatives, les journaux et la classe politique du Vieux continent ont tous les yeux braqués sur le pays, le premier à choisir ouvertement la voie de l'opposition aux programmes d'austérité exigés par la troïka, composée entre autres des institutions de l'UE, de la Commission à la Banque Centrale. 

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© ARIS MESSINIS / AFP

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Les conservateurs inquiets. Du Premier ministre conservateur britannique David Cameron à la chancelière allemande Angela Merkel, les dirigeants de la droite traditionnelle n'accueillent pas la nouvelle d'un très bon œil. Et pour cause, Syriza a remporté le scrutin sur un programme résolument opposé aux injonctions européennes de réduction de la dette publique et de limitation des dépenses allouées aux services publics.

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Même si Alexis Tsipras a affirmé ne pas vouloir sortir la Grèce de la zone euro, les conservateurs craignent également que cette victoire politique de la gauche radicale ne provoque des remous financiers. En témoigne ce tweet du locataire du 10, Downing Street. "L'élection grecque va accroître l'insécurité économique en Europe. C'est pourquoi le Royaume-Uni doit s'en tenir à sa politique, à savoir garantir sa sécurité intérieure".



Angela Merkel a également fait l'objet de nombreux détournements par les internautes.

 

La gauche anti-austérité y croit. Le son de cloche est bien différent en Espagne du côté de Podemos, le nouveau parti de gauche à la popularité croissante. "L'espoir arrive, la peur s'en va", s'est réjoui dimanche Pablo Iglesias, le leader de la jeune formation politique. Même enthousiasme du côté de Jean-Luc Mélenchon et de Pierre Laurent en France, "ravis" de cette victoire d'une nouvelle gauche. Et de la défaite cinglante du parti socialiste grec par la même occasion.

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Les réactions de la presse. Les médias européens ne sont pas restés indifférents face à la victoire de Syriza en Grèce. En France, Libération parle d'une "génération Syriza", l'Humanité se félicite que Syriza ait ouvert "une brèche" en Europe. Le Figaro, lui, qualifie Tsipras de figure "greco-marxiste". Plus factuel, The Guardian estime que "la victoire de Syriza met la Grèce en porte-à-faux avec l'Union Européenne". La Repubblica est plus cash : "La fin pour la troïka", titre le journal italien, "Tsipras ouvre une nouvelle ère politique", analyse pour sa part El Pais, le journal de référence espagnol. Moins mesuré, le quotidien ABC, classé à droite, dénonce le "populisme" qui s'approprie la Grèce", tandis que La Razon, également étiqueté à droite, titre sur la "Disgrâce" de la Grèce. Des pays du sud de l'Europe, en difficulté financière, aux Etats du Nord, de Berlin à Madrid, la victoire de Syriza ne laisse décidément personne indifférent.