Grande-Bretagne : le "french bashing" passe mal

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Grande-Bretagne : le "french bashing" passe mal
@ CAPTURE CITY AM
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DIPLOMATIE - L’ambassade de France à Londres n’a pas aimé un article paru dans la presse britannique et le lui rend bien.

L’info. Un article publié dans la presse britannique dénonce "la tragédie" de "l'échec de l'expérience socialiste" française. Un point de vue qui n’a pas plu à l’ambassade de France à Londres qui a répondu, suscitant des remous dans les rangs conservateurs britanniques. Le tout dans un contexte de "french bashing" insistant.

L'article, publié le 7 janvier dans le quotidien économique gratuit City AM, s'apparente à une description catastrophiste de la santé économique de la France et à une critique de la politique menée à Paris.

"Une haine généralisée du commerce". Sous le titre "l'échec de l'expérience socialiste en France vire à la tragédie", l'auteur, Allister Heath, dénonce notamment "un Etat prédominant, des niveaux d'imposition affreusement élevés (...) et une haine généralisée du commerce, du capitalisme, du succès et du travail acharné".



La réponse française en 10 points. Interprété comme un nouvel exemple de "french bashing" (dénigrement de la France), l'article a fait réagir l'ambassade de France, qui a publié trois jours plus tard sur son site internet une réponse, en anglais et en dix points détaillés, pour démentir ou corriger les affirmations de l'auteur.

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Un petit tacle en retour… L'ambassade y dénonce un contenu "idéologique, mélange de préjugés et d'erreurs", en précisant que la dépense publique en France, dont le journaliste de City AM critique l'inefficacité et le niveau élevé, sert à financer notamment un service public de santé de qualité reconnu. Elle établit une comparaison avec le système britannique, le NHS, jugé "défaillant".

Les Anglais piqués au vif. Le ministre de la Santé Jeremy Hunt a riposté mardi dans le Daily Telegraph en défendant le NHS, dont les dysfonctionnements font régulièrement les gros titres de la presse, mais qui reste une institution chère aux Britanniques. "Le NHS ne devrait pas être attaqué pour être ouvert et transparent sur ses difficultés, et surtout pas par un pays qui ne publie pas autant de données sur la sécurité des patients", a-t-il dit.

La remarque a aussi piqué au vif le député conservateur Jacob Rees-Mogg, qui a dénoncé mercredi dans le Times une "hyper-sensibilité inappropriée" de l'ambassade.

Le 3 janvier, le magazine américain Newsweek avait publié en ligne un article controversé sur "La chute de la France", déclenchant une tempête dans l'Hexagone en raison notamment de nombreuses erreurs factuelles. Ces erreurs avaient notamment été pointées dans un article de "fact checking" en dix points par des journalistes du quotidien Le Monde.