Ghesquière-Taponier : "ça suffit !"

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Ghesquière-Taponier : "ça suffit !"
De nombreuses manifestations sont organisées partout en France pour soutenir Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier.@ REUTERS
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Des rassemblements ont été organisés pour soutenir les otages, et demander leur libération.

Cela fait un an, jour pour jour, qu’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ainsi que leurs trois accompagnateurs sont détenus en Afghanistan. Des rassemblements de soutiens, mais également des manifestations et des concerts ont été organisés mercredi pour les deux journalistes de l’émission de France 3, "Pièces à conviction".

Première opération à l’Arc de Triomphe

La première action s’est déroulée tôt mercredi matin, avant l’aube. Les visages des deux journalistes français ont été projetés par Reporters sans frontières (RSF) sur les piliers de l'Arc de Triomphe, à Paris. Au sommet du monument, en lettres rouges et bleues, on pouvait lire le message : "Libérez Stéphane et Hervé et leurs trois accompagnateurs".

Cette opération a duré un peu plus d'une heure, le temps que le jour se lève. Elle avait été gardée secrète jusqu'au dernier moment. Car il est officiellement interdit de projeter des images sur le monument.

"Personne ne souhaitait qu'arrive à cet anniversaire"

A Paris, un rassemblement de soutien a été organisé à l'Hôtel de ville par le Comité de soutien et RSF. Les portraits des deux hommes seront déployés sur la façade du bâtiment et, à 17h, une veillée aux bougies est organisée sur le parvis de la mairie.

Devant un parterre de 200 à 300 personnes, plusieurs personnalités et proches des otages ont pris la parole, notamment Pierre Schapira, adjoint au maire de Paris, chargé des relations internationales, Florence Aubenas et Arlette Taponier, mère de Stéphane.

Les proches des deux otages en Afghanistan en ont profité pour dire haut et fort leur impatience mais aussi leur agacement vis-à-vis du gouvernement. "Personne ne souhaitait qu'on arrive à cet anniversaire, et on y est. Le but de cette opération (...), c'est de secouer l'opinion publique et de dire 'ça suffit !'", a expliqué Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF, à l'origine de cette action. "On a voulu faire quelque chose d'un peu visible, voyant et fort, pour dire : 'Ne les oubliez pas !'", a renchéri la journaliste Florence Aubenas, marraine du Comité de soutien.

Lâcaher de ballons pour les otages, 930

© MAXPPP

Toutes les manifestations

D'autres rassemblements ont eu lieu à Marseille, Strasbourg, Chambéry ou encore à Dax et Auray. A Montpellier, ville d'où est originaire Stéphane Taponier, un grand concert de soutien a même été programmé sur le parvis de l’Opéra Comédie pendant une bonne partie de l'après-midi. Des descentes aux flambeaux ont également été organisées par les Écoles du ski français dans les Alpes, les Pyrénées, le Massif Central, les Vosges et le Jura.

Une centaine de personnes, des élus et habitants de Marcq-en-Baroeul, en banlieue de Lille, ont participé mercredi à un lâcher de ballons pour marquer leur solidarité. Une centaine de ballons bleus, blancs et rouges ont été lâchés devant la mairie. "Nous, on ne peut pas faire grand-chose", a regretté l'un de ses neveux sur place au micro d'Europe 1. "C'est quelque chose qu'on vit au quotidien, nous c'est tout les jours. On attend la libération", a raconté sa belle-soeur.

Même les sportifs ont voulu exprimer leur solidarité vis-à-vis des deux otages français. A l'occasion de la 14e journée du championnat de France de rugby, les spectateurs et les joueurs applaudiront durant une minute avant le coup d'envoi des matches.

A l'occasion du premier anniversaire de la détention d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, France Télévisions mobilise ses antennes et diffuse notamment un message de soutien.

Regardez le spot de France Télévisions :

30 décembre 2009 - 29 décembre 2010

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ont été enlevés le 30 décembre 2009 dans la vallée de la Kapisa, au nord-est de Kaboul, alors qu’ils étaient en compagnie de trois accompagnateurs afghans. Ils tournaient un documentaire pour le magazine "Pièces à conviction".

Leur détention dépasse désormais de loin celles, en Irak, des journalistes Georges Malbrunot, Christian Chesnot ou encore Florence Aubenas, retenue otage pendant 157 jours en 2005.