Génocide : une loi "raciste" pour Erdogan

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Génocide : une loi "raciste" pour Erdogan
La Turquie a dénoncé "un manque total de respect" et "une grande injustice" après le vote du Sénat.@ Maxppp
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Juste après le vote du texte par le Sénat, Ankara a dénoncé "un manque total de respect".

Ankara n'a pas tardé à réagir lundi soir après l'adoption définitive par le Sénat français d'une proposition de loi punissant la négation des génocides, notamment celui des Arméniens en 1915 par les Turcs. Sadullah Ergin, le ministre de la Justice du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, a évoqué "un manque total de respect" et "une grande injustice" envers la Turquie, qui a toujours nié le génocide arménien. De son côté, le gouvernement arménien s'est réjoui du vote français.

"Acte irresponsable"

Le Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, n'a pas mâché ses mots mardi, lors du discours qu'il prononce chaque semaine devant les députés de son parti. "La proposition adoptée en France est discriminatoire et raciste", a-t-il dit. Le Premier ministre a affirmé que cette loi est "entièrement nulle et non avenue" pour la Turquie. Il a assuré que son pays imposera "étape par étape" les sanctions qu'elle a prévues contre la France, "sans nulle façon de faire marche arrière".

Lundi soir, son ministre de la Justice, Sadullah Ergin, avait pris les devants en déclarant, lui aussi, sur la chaîne d'information CNN Türkune, cette loi de "nulle et non avenue". Le ministère ministère turc des Affaires étrangères a, quant à lui, "condamné fermement" le vote au Sénat français, dénonçant un "acte irresponsable" de la part de la France.

"La Turquie n'hésitera pas à rapidement mettre en oeuvre comme bon lui semble les mesures prévues" contre la France, souligne un communiqué, dans une référence à de nouvelles sanctions contre Paris. Le document accuse en outre la France d'avoir "transformé en victime" les relations turco-françaises, pour des visées électoralistes. "Il s'agit d'une initiative très malencontreuse au nom de la politique française", ajoute le communiqué.

Le texte, qui était déjà à l'origine d'une crise diplomatique entre Paris et Ankara, a été adopté par 127 voix contre 86, au terme d'un débat de plus de sept heures. Plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés pendant tout l'après-midi autour du palais du Luxembourg.

"Initiative historique"

L'Arménie s'est de son côté réjouie d'une "initiative historique". "Ce jour sera écrit en lettres d'or non seulement dans l'histoire de l'amitié entre les peuples arménien et français, mais également dans les annales de la protection des droits de l'Homme à travers le monde", a assuré le ministre dans un communiqué. Ce vote "va en plus consolider les mécanismes existants de prévention des crimes contre l'humanité", poursuit le communiqué.

Les Arméniens soutiennent que près d'un million et demi des leurs ont été victimes de ce génocide perpétré sous l'empire ottoman alors que la Turquie affirme que les Arméniens ont eu entre 300.000 à 500.000 morts.