Gbagbo aurait voulu tuer Ouattara

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Gbagbo aurait voulu tuer Ouattara
Alassane Ouattara (à gauche) lors d'une rencontre avec Laurent Gbagbo@ REUTERS
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Un ancien diplomate français accuse Gbagbo d'avoir commandité l'assassinat de son rival Ouattara en 2002.

Un nouvel épisode en Côte d'Ivoire. L'ancien diplomate Dominique Pin, premier conseiller à l'ambassade de France à Abidjan en 2000-2002 raconte mercredi dans Libération comment il a recueilli chez lui en 2002 Alassane Ouattara et son épouse, menacés par le clan Gbagbo.

Les hommes de la présidence Gbagbo, après avoir "liquidé le général Guei" et sa femme, ont voulu assassiner "ceux qui pouvaient être liés aux rebelles", explique le diplomate. Laurent Gbagbo aurait ainsi mis à profit la rébellion de 2002 dans le nord du pays pour provoquer des exactions contre ses opposants.

L'ambassadeur de France muni d'un gilet pare-balles

C'est l'ambassadeur de France lui-même, Renaud Vignal, vêtu d'un gillet pare-balles, qui est allé chercher la famille Ouattara dans sa résidence, déjà encerclée par les militaires affiliés à Gbagbo, détaille l'ex premier conseiller.

Dominique Pin s'indigne dans cette tribune à Libération des récentes déclarations de soutien de Roland Dumas et de l'avocat Jacques Vergès à Laurent Gbagbo alors que la communauté internationale dans son ensemble considère Alassane Ouattara comme le vainqueur des élections présidentielles en Côte d'Ivoire.

Des charniers en 2002

Le diplomate rappelle les exactions commises en 2002 par Gbabgbo pour critiquerla position de l'ancien ministre des Affaires étrangères. "Je n'oublierai jamais les charniers de Yopougon, de Monoko-Zohy, les escadrons de la mort, les assassinats du général Gueï, de Rose Gueï, du docteur Dacoury-Tabley, les morts de la mosquée de Daloa, les exécutions dans les quartiers", écrit-il.

Le gouvernement français de l'époque s'est montré complaisant vis-à-vis de Laurent Gbagbo, estime Dominique Pin. Et cette politique a été un échec puisque Gbabgo est à ses yeux responsable d'une attaque meurtrière contre l'armée française en 2004, et d'exactions contre les Français de Côte d'Ivoire menées par des proches de la présidence.