GB : plus de Blancs à l'université ?

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GB : plus de Blancs à l'université ?
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ZOOM - Le gouvernement britannique veut plus de garçons pauvres et blancs dans les universités.  

>> L'INFO. Plus de garçons Blancs issus des classes populaires. C'est la nouvelle priorité du ministre de l'Enseignement supérieur britannique, David Willetts, qui souhaite que cette catégorie de population réinvestisse les universités britanniques. Le régulateur "a la possibilité de considérer que certains groupes sont défavorisés -selon leur classe sociale ou leur appartenance ethnique- pour définir sa politique d'accès aux universités, donc je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas se pencher sur le sujet des garçons Blancs les plus pauvres", a affirmé le ministre au quotidien The Independent.

Concrètement, David Willetts envisage de mettre en place des quotas de jeunes blancs dans les accords prévus entre l'Etat et les universités. Pourquoi cette politique de "discrimination positive" ? Explications.

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• Les filles en surnombre. Les filles britanniques réussissent mieux que les garçons dont l'échec scolaire s'est fortement accru ces dernières années. Selon des chiffres publiés en décembre 2012 par The Universities and Colleges Admission service (UCAS) et relayés par Le Figaro, les universités britanniques ont connu une baisse de 54.000 étudiants dans les effectifs globaux et les écarts entre filles et garçons se sont accrus. En Grande-Bretagne, il y a aujourd'hui 130 femmes qui s'inscrivent à l'université contre seulement 100 pour les garçons.

Moins de garçons Blancs. Signe de la réussite de l'intégration de son immigration, les "minorités ethniques", répertoriées en Grande-Bretagne, entrent aujourd'hui plus facilement au sein des universités qu'une partie des Blancs de la "working class". Selon une étude, menée il y a quelques années déjà, seuls 6% des garçons Blancs, et de surcroît pauvres, viennent garnir les amphithéâtres, contre 26% pour ceux des minorités ethniques. Le taux est même de 34% chez les filles de ces mêmes minorités.

• Les droits d'inscription en hausse. Avec la crise, il semble que ces populations fragiles économiquement rendent plus difficiles l'accès à l'université. Le coup des études a bondi et s'élève aujourd'hui à environ 9.000 livres par an (11.230 euros). Le nombre global d'inscrits a, en conséquence, chuté de 15% en l'espace de quelques années.

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Moins de visas pour les étudiants étrangers. La politique du gouvernement Cameron en matière d'Enseignement supérieur a connu un raidissement ces dernières mois. La célèbre "London Metropolitan University", plus connue sous le nom de "Met", s’est ainsi vue retirer, fin août, son autorisation de délivrer aux étudiants étrangers non-européens le visa qui leur permet de suivre des études au Royaume-Uni. Près de 2.600 étudiants ont ainsi dû quitter l'université, rappelle Le Monde. Cet établissement était jugé trop laxiste avec les parrainages d'étudiants étrangers dont le niveau d'anglais était jugé "insuffisant".

Cette volonté s'inscrit également dans un contexte global de limitation de l'immigration. David Cameron a pris des mesures en 2011 pour limiter l'arrivée d'étrangers de 216.000 à 100.00 personnes par an en 2015.

• Qu'en pensent les universités ? Les collèges et lycées anglais sont de plus en plus indépendants sous la volonté du gouvernement. L'idée d'accepter que certains élèves méritants soient privés d'enseignement supérieur passe mal. "Nous ne pouvons pas diminuer les inscriptions de filles de la classe moyenne en faveur des garçons de la classe pauvre. Chaque demande doit être examinée au cas par cas", s'insurge William Richardson, le représentant de 250 écoles indépendantes.

Pour certains acteurs de l'éducation, les problèmes sont à résoudre en amont. L'apprentissage, plus prisé à cause de la hausse des frais de scolarité qui engendrent des dettes, est pointé du doigt. Pour le quotidien anglais, The Guardian, la réussite des filles démarrerait dès la petite scolarité où le contrôle continu leur serait davantage favorable.