Gaza : "les chrétiens nous traitent d’égal à égal"

  • A
  • A
Gaza : "les chrétiens nous traitent d’égal à égal"
L’église Porphyrios, à Gaza.@ Reuters
Partagez sur :

REPORTAGE - Certains Palestiniens se réfugient où ils peuvent : chez des proches, dans les écoles... et dans les églises.

Depuis le début de la guerre à Gaza, plusieurs milliers de personnes ont dû fuir leur maison. Certains se sont réfugiés chez des proches, d’autres dans les écoles mais aussi… dans les églises. L’église Porphyrios, l’une des plus anciennes de la région, est située dans la vieille ville de Gaza tout près des zones bombardées. Presque un milliers de gazaouis ont trouvé refuge dans ce lieu de culte, d'habitude fréquenté par quelques 2.000 chrétiens.

>> LIRE AUSSI - Les forces terrestres israéliennes ont quitté la bande de Gaza

"Vous devez ouvrir la porte". Le son de l'appel à la prière s'échappe d'ailleurs du clocher. Dans la cour, les réfugiés s'adossent à de vieilles pierres. Tous sont musulmans, arrivés une nuit, lorsque les tanks israéliens sont arrivés dans Gaza. "Une foule est arrivée devant l’église, ils ont frappé à la porte. En voyant ces gens porter leur bébé et vous demander une protection, qu’est ce vous auriez fait derrière la porte ? Hé bien vous devez ouvrir la porte", témoigne ainsi Alexis, l’archevêque. De cette cohabitation naît des questions. Deux femmes portant un voile coloré examinent, intriguées, l’icône de la Vierge Marie incrustée dans le pendentif de l'archevêque. "Dans le Coran, dit ce dernier, il y a une sourate consacré à Marie".

>> LIRE AUSSI - Un tir de roquette en plein direct à la télévision

"Je les aime de tout mon cœur". Avant le conflit, beaucoup n'avaient jamais mis les pieds dans une église. "Avant, je pensais que les chrétiens n’étaient pas des gens bien. J’ai complètement changé, ils nous traitent d’égal à égal. Je les aime de tout mon cœur", confie Atna, qui avoue sa stupéfaction. À côté d'elle, sous une arcade voûtée, Akram enchaîne : "quand on s’est enfui, on passait des coups de fils pour savoir où aller. L’école était pleine. Un ami m’a dit : 'va à l’église, elle ne sera pas ciblée'. J’ai trouvé ça bizarre... un musulman dans une église ! J’y suis allé. Les chrétiens nous donnent de l’eau, de la nourriture. Je n’en reviens pas de cette générosité !", renchérit un autre réfugié. Akram s'arrête un instant. Puis il se lance : "à la fin de la guerre, j'aimerai qu'on invite les chrétiens pour les remercier.

>> LIRE AUSSI - A Rafah, "on utilise les congélateurs pour mettre les corps des enfants"