Fukushima : Tokyo a craint le pire

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Fukushima : Tokyo a craint le pire
Les autorités japonaises ont craint le pire après l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, y compris la fin de Tokyo.@ Reuters
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L'évacuation de la mégapole japonaise a un temps été envisagée après la catastrophe.

Près d'un an après l'accident, de nouveaux éléments émergent sur la gestion de la crise de Fukushima, et ils n'ont rien de rassurant. Après l'accident de la centrale nucléaire du nord-est du Japon, consécutif au tsunami dévastateur du 11 mars 2011, les autorités ont travaillé sur un scénario prévoyant la fin de Tokyo. Si une série d'explosions nucléaires s'était produite dans la centrale accidentée, la capitale japonaise aurait bien pu être rayée de la carte. "Si cela arrive, Tokyo est fini", note le porte-parole du gouvernement de l'époque dans un rapport rendu par une commission d'enquête indépendante.

Tout était en outre prêt pour une évacuation de la capitale, qui compte 13 millions d'habitants et en tout 35 millions en comptant toute la mégapole, soit l'agglomération urbaine la plus importante au monde. Dans l'hypothèse la plus pessimiste, formulée au moment où la maîtrise de la crise nucléaire était encore très incertaine, des fonctionnaires ont travaillé sur la possibilité de créer une "zone d'évacuation obligatoire de 170 km autour de la centrale" et une zone d'évacuation "sur la base du volontariat de 250 km".

Un rapport de 400 pages

Ce plan aurait donc touché la zone de Tokyo, dont le centre est situé à 220 km au sud-ouest de Fukushima. L'hypothèse n'a pas été retenue et en mars, une centaine de milliers de personnes ont été évacuées dans un rayon de 20 km autour de la centrale.

Ces informations ont déjà été révélées il y a quelques mois par le Premier ministre Naoto Kan, qui a démissionné en août. Mais le rapport de 400 pages rendu public mardi présente des données plus précises et permet d'en savoir plus sur le rôle joué par Naoto Kan dans la crise.

Le Premier ministre a parfois retardé les secours

Tepco, l'opérateur de la centrale de Fukushima, a voulu, au pire de la crise, évacuer le site où des employés tentaient de maîtriser la catastrophe. Mais Naoto Kan a ordonné à Tepco de poursuivre le travail sur place. "C'est impossible. Si vous retirez le personnel, nous casserons Tepco", a même menacé le Premier ministre, s'adressant au PDG de la compagnie d'électricité. Une pression finalement salutaire, notent les experts, pour qui l'accident aurait encore davantage dégénéré si les employés de Tepco n'étaient pas restés sur place.

Mais l'ex-Premier ministre est tout de même égratigné par le rapport, notamment parce qu'il a parfois tenu à intervenir directement, retardant ainsi certaines opérations de secours. "Les interventions directes" de Naoto Kan et de ses assistants, qui ignoraient les rôles respectifs des politiques et des fonctionnaires, "se sont révélées inefficaces".