Fukushima, six mois après, le pire évité

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Fukushima, six mois après, le pire évité
Six mois après le tsunami qui a tout dévasté au Japon, le pays continue de s'organiser.@ REUTERS
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Le gouvernement japonais est toutefois sévèrement critiqué pour sa gestion de la catastrophe.

Six mois après la série d’avaries provoquées par le séisme et le tsunami du 11 mars dernier à la centrale nucléaire de Fukushima, l’angoisse s’est envolée même si la crise est loin d’être réglée.

Pour un changement de politique

Des manifestants hostiles à l'énergie nucléaire ont défilé dimanche dans plusieurs villes du Japon pour exprimer leur colère face à la gestion de l'accident par le gouvernement. L'un des principaux cortèges, estimé à 2.500 manifestants, est passé devant le siège de Tokyo Electric Power (Tepco), l'exploitant de la centrale. Une "chaîne humaine" a également été formée autour du bâtiment abritant le ministère du Commerce, qui supervise le secteur nucléaire au Japon.

Tous ont réclamé la fermeture définitive de toutes les centrales nucléaires au Japon et un changement de la politique gouvernementale en faveur du développement des énergies renouvelables.

Le problème a été circonscrit heure après heure

Six mois après le 11 mars 2011, le pire semble toutefois avoir été évité dans le complexe atomique Fukushima Daiichi. Trois des six réacteurs du site ainsi que les piscines de désactivation ont été victimes d'anomalies dues à la mise hors service de leurs systèmes de refroidissement. Mais les "héros de Fukushima" constitués des équipes techniques, aidées de pompiers et soldats, sont parvenues tant bien que mal à circonscrire un à un chaque problème, au fil des heures, jours, semaines et mois.

Les interventions humaines à l'intérieur des bâtiments demeurent cependant toujours difficiles. Outre la présence d'eau, les niveaux de radiations sont par endroits tellement élevés qu'ils dépassent les capacités des instruments de mesure. Et par ailleurs, l'évaluation des rejets toujours en cours doit être optimisée, reconnaissent les autorités. La construction d'un mur en mer dans les semaines à venir sont censés bloquer une partie des effluents.

"Nous faisons tout notre possible pour que la population soit en sûreté et que les personnes évacuées à cause de l'accident recouvrent une vie normale", assurent les autorités, dont l'objectif est d'"abaisser durablement la température des réacteurs comme des piscines de désactivation et de contrôler les émissions de matières radioactives" qui se poursuivent depuis six mois. Cet objectif doit être atteint d'ici à janvier 2012.

Il faudra du temps

Une usine spéciale de décontamination fonctionne depuis mi-juin, pour extraire les éléments radioactifs des quelque 110.000 tonnes d'eau d'arrosage mêlée de graisses et autres impuretés accumulées dans les bâtiments. Ce système, monté d'urgence, a déjà traité 80.000 tonnes et permet désormais de refroidir les combustibles en circuit fermé. Reste à stocker les éléments radioactifs filtrés.

Mais les spécialistes estiment qu’il faudra des décennies pour démanteler les installations et assainir la périphérie de la centrale.