Fukushima : des décennies de décontamination

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avec AFP
Le Japon a dévoilé un calendrier des travaux : le combustible nucléaire sera retiré vers 2021.

Un accident nucléaire ne se répare pas en quelques mois, comme l'a confirmé le Premier ministre japonais, Naoto Kan, qui a indiqué samedi pour la première fois que la décontamination du site de la centrale nucléaire de Fukushima prendrait plusieurs dizaines d'années.

Suite au séisme et au tsunami du 11 mars, les systèmes de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, située à 220 km au nord-est de Tokyo, ont été endommagés entraînant une fusion au sein de trois réacteurs, provoquant l'une des pires catastrophes du nucléaire civil.

"Plusieurs décennies pour remédier aux conséquences de l'accident"

"Un grand nombre d'habitants ont été contraints d'évacuer" la zone, a regretté Naoto Kan au cours d'un meeting du Parti Démocratique, au pouvoir au Japon. "Il faudra trois, cinq, voire 10 ans pour parvenir à en reprendre le contrôle, et même plusieurs décennies pour remédier aux conséquences de l'accident", a-t-il ajouté.

La Commission japonaise à l'énergie atomique et l'exploitant de la centrale de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), sont convenus dans un premier temps de commencer à retirer le combustible nucléaire fondu vers 2021, selon la chaîne de télévision publique NHK. La chaîne de télévision a rapporté que les autorités, l'opérateur et les fabricants d'équipements estimaient qu'il faudrait "plusieurs décennies" avant de pouvoir démanteler les réacteurs de la centrale, citant un programme de long terme pour reprendre le contrôle de la centrale.

Priorité à la limitation des émissions radioactives

Le Japon a également annoncé un programme de court terme pour stabiliser la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, responsable d'émissions radioactives de très haut niveau après la panne de ses systèmes de refroidissement. Mais avant samedi, le gouvernement n'avait encore présenté aucune estimation de la durée du programme de décontamination nécessaire pour mettre fin à la crise.

Le projet, que s'est procuré NHK, s'inspire d'une étude des données sur la manière dont les Etats Unis ont procédé lors de l'accident nucléaire de la centrale de Three Mile en 1979, a précisé la chaîne. Tepco espère réduire les fuites radioactives d'ici à fin juillet et parvenir à refroidir les réacteurs pour les arrêter au plus tard d'ici à janvier prochain.

Goshi Hosono, le ministre chargé de gérer les conséquences de l'accident nucléaire, a déclaré à Jiji Press que le gouvernement annoncerait le 19 juillet un nouveau programme de décontamination du site et sa vision à long terme de la gestion de l'accident.