Frappes en Syrie : "justifiées" mais insuffisantes selon Hollande

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Frappes en Syrie : "justifiées" mais insuffisantes selon Hollande
@ CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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L'ancien président de la République plaide pour que les frappes lancées en Syrie soient suivies d'une "pression diplomatique et politique" sur Moscou et Téhéran.

Les frappes lancées en Syrie par Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, samedi matin, sont "justifiées" mais doivent être suivies d'une "pression diplomatique et politique" sur Moscou et Téhéran, estime François Hollande, dans un entretien au journal La Montagne.

"Le régime syrien a menti". En visite dans son ancien fief électoral, à Tulle, en Corrèze, pour dédicacer son dernier livre "les leçons du pouvoir", l'ancien chef de l'Etat déclare qu'il ne peut "pas y avoir de passivité de la communauté internationale". "L'opération de cette nuit est doublement justifiée (...) parce qu'il y a eu utilisation de l'arme chimique contre des enfants, des innocents, des femmes, en aucune manière des combattants" et parce que "le régime syrien, avec la complicité de son allié russe, a menti : il devait y avoir destruction des armes chimiques, refus de l'utilisation de ce type de procédé. Hélas, on a vu qu'il n'en était rien", explique François Hollande.

Pas "satisfait de l'improvisation de Donald Trump". Mais "des frappes ne suffisent pas", poursuit l'ancien président qui plaide pour "un droit de suite, une pression diplomatique et politique pour qu'une issue soit trouvée au conflit syrien". Il regrette "l'inaction de Barack Obama en 2013", alors que lui-même plaidait pour une intervention, mais ajoute ne pas "non plus se satisfaire de l'improvisation qui pourrait être celle de Donald Trump". "Il faut avoir une cohérence dans l'action et un objectif qui est de faire pression sur la Russie et l'Iran. Cette solution politique, qui ne peut se faire que dans le cadre de Genève, a trop tardé", souligne François Hollande qui préconise la mise en place d'un "gouvernement de transition".

L'avenir de la Syrie sans Bachar al-Assad. "Comment encore imaginer que l'avenir de la Syrie puisse passer par Bachar al-Assad - même s'il peut donner l'impression d'avoir gagné sur le terrain militaire - alors même qu'il massacre sa population avec des armes chimiques ?", s'interroge encore l'ancien président. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé tôt samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad auquel ils imputent l'attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville syrienne alors rebelle de Douma.