FMI : la pression monte autour de DSK

  • A
  • A
FMI : la pression monte autour de DSK
La succession du Directeur général du FMI est désormais clairement évoquée par ses membres.@ REUTERS
Partagez sur :

En première ligne : le secrétaire au Trésor Timothy Geithner et un sénateur américain.

Si la question de l'après-DSK à la tête du Fonds monétaire international (FMI) était taboue il y a encore 48h, certains n'hésitent désormais plus à l'évoquer ouvertement. Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a ainsi mis en doute sa capacité à diriger l'institution alors que DSK été placé par précaution sous surveillance anti-suicide. "Il n'est évidemment pas en mesure de diriger le FMI", a déclaré Timothy Geithner lors d'une conférence mardi soir, en jugeant important que le FMI établisse un plan qui permette au Fonds de se doter d'une direction permanente.

Plus direct encore, un sénateur américain Mark Kirk, un républicain, a estimé quant à lui que Dominique Strauss-Kahn devait démissionner de son poste de directeur général du FMI ou bien être renvoyé. "M. Strauss-Kahn a perdu notre confiance et devrait démissionner ou bien être renvoyé de son poste au FMI", a-t-il déclaré devant le Sénat.

Une pression qui se précise

Cette question devrait être "réglée dans les jours qui viennent", a renchéri de son côté mercredi le chef du parti majoritaire UMP en France, Jean-François Copé.

De son côté, le conseil d'administration du Fonds cherchait mardi soir à le contacter pour connaître ses intentions concernant ses fonctions, ont déclaré mardi deux membres de cette instance. D'après une de ces sources, une démission serait idéale, un sentiment qui n'est toutefois pas partagé par les 24 membres du conseil, selon la seconde source. Les ministres européens des Finances, réunis mardi à Bruxelles, ont durci leur position.

Les femmes, plutôt critiques envers DSK

Ce sont les femmes qui ont lancé les premières salves contre celui qui est encore officiellement le Directeur général du FMI même s'il est désormais détenu pour une affaire d'agression sexuelle et de tentative de viol. L'Autrichienne Maria Fekter, connue pour son franc-parler, conseille à DSK de quitter ses fonctions. "Etant donné la situation, et vu que la libération sous caution a été refusée, il faut qu'il réfléchisse aux dommages qu'il cause au FMI", explique-t-elle.

Pour son homologue espagnole, Elena Salgado, il revient à Dominique Strauss-Kahn, et seulement à lui, de prendre la décision de démissionner. Mais la ministre ose aller plus loin que la plupart de ses collègues qui invoquent la présomption d'innocence : "les faits qui lui sont reprochés sont vraiment très graves. La solidarité, et la mienne en particulier, va à cette femme qui a subi l'agression, si c'est le cas", dit-elle.

La Française, Christine Lagarde, s'est elle abstenue de tout commentaire. Lundi, elle considérait qu'il était encore trop tôt pour parler de la succession de DSK. Pourtant, dans les couloirs de Bruxelles, son nom circule pour le remplacer à la tête du FMI.

Pas d'immunité du FMI

Du côté de Washington, le FMI n'a toujours par pris de décision concernant son Directeur général. Mais il a indiqué mardi que DSK ne bénéficiait d'aucune immunité liée à son statut au FMI dans l'affaire d'agression sexuelle. Un premier pas avant de le lâcher complètement ?