Fillon rejoue le VRP avec la Russie

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Fillon rejoue le VRP avec la Russie
François Fillon se rend en Russie pour de nombreux contrats, mais aussi pour tenter de finaliser la vente de navires militaires de type Mistral.@ REUTERS
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En visite à Moscou, il doit concrétiser les promesses de vente signées par Sarkozy.

Eviter une nouvelle annulation de contrat d’armement, au lendemain de la remise en cause de la vente de Rafale au Brésil. C’est l’un des objectifs du Premier ministre François Fillon, qui se trouve jusqu’à jeudi à Moscou pour clôturer l’année culturelle France-Russie, mais surtout pour signer de "nombreux contrats", a-t-il expliqué à la presse russe.

Invité à participer au séminaire intergouvernemental bilatéral annuel prévu jeudi, le Premier ministre français espère doper un peu plus les relations économiques entre les deux pays.

Le dossier Mistral prioritaire

Mais un contrat se révèle plus important que les autres : la vente de navires militaires français de type Mistral. La Russie envisage d’acheter quatre bâtiments de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral, un navire militaire polyvalent qui peut servir de porte-hélicoptères.

Ce contrat n’est toujours pas finalisé, la Russie voulant acheter les navires avec tous ses équipements, y compris des technologies sensibles que la France hésite à exporter. Ce transfert de technologies est d’autant plus sensible que certains outils embarqués dans ces navires ont été conçus par les Américains, peu enclins à partager ce savoir avec les Russes, troisième exportateur mondial d’armement.

Des contrats dans l’aéronautique et l’énergie

Le groupe industriel français "Alstom va conclure avec RusHydro, leader russe de l'énergie hydraulique, un accord très significatif consistant en la rénovation d'un ensemble de neuf barrages situés sur la rivière Kouban", dans le Caucase, a aussi annoncé François Fillon au journal Rossiïskaïa Gazeta.

Parmi les autres contrats, l'équipementier aéronautique Safran-Sagem et l'agence russe d'exportations d'armes Rosoboronexport vont "créer une entreprise commune dans le domaine des systèmes de navigation pour l'aviation et la marine", a-t-il ajouté.

Ne pas revivre le fiasco des Rafales

La visite de François Fillon doit permettre de faire progresser tous ces dossiers, afin d’éviter un nouveau fiasco commercial après la remise en cause de l’achat du Rafale par le Brésil.

Nicolas Sarkozy s’était réjoui en septembre 2009 d’avoir enfin réussi à exporter l’avion construit par le groupe Dassault, avant que le président Lula ne se désengage en renvoyant le dossier à son successeur. Le président français avait aussi promis en juillet 2010 aux ouvriers du chantier naval de Saint-Nazaire qu'ils allaient avoir du travail grâce à la vente d'au moins deux navires Mistral. Une nouvelle annulation de contrat serait du plus mauvais effet, tant pour l’industrie française que pour Nicolas Sarkozy.