Feignants, les Européens ?

  • A
  • A
Feignants, les Européens ?
@ MaxPPP
Partagez sur :

Le constat, sans appel, émane de la Banque mondial qui y voit un risque pour leur compétitivité.

La Banque mondiale a publié mardi une longue étude indiquant que l'un des principaux problèmes économiques des Européens était qu'ils travaillaient trop peu, ce qui leur pose des problèmes de compétitivité.

Un modèle peu compétitif

"Le modèle du travail de l'Europe est marqué par une sécurité sans équivalent pour ceux qui ont un emploi, des prestations relativement généreuses pour ceux qui n'en ont pas, et la facilité à obtenir une retraite", a affirmé l'institution de Washington dans cette étude.

"Ce modèle rend l'Europe non compétitive. Pour régler le problème, la plupart des pays en Europe doivent augmenter le taux d'activité et rendre plus facile pour les jeunes l'obtention d'un emploi", a-t-elle ajouté, dans cette étude intitulée "Restaurer le lustre du modèle économique européen".

"Dans les années 1970, les Français avaient le plus long temps de travail des pays développés. En 2000, ils travaillaient environ 300 heures de moins par an (un mois et demi) que les Américains", ont avancé les auteurs. Selon eux, "la vitesse à laquelle ont baissé les heures travaillées en France, en Italie et en Espagne depuis 1995 suscite des inquiétudes quand on la juxtapose aux gains modestes de productivité du facteur travail ces deux dernières décennies".

Miser sur les travailleurs étrangers qualifiés

Les chiffres montrent que les Européens ont eu notamment tendance à entrer sur le marché du travail de plus en plus tard et surtout prendre leur retraite de plus en plus tôt. La Banque mondiale a aussi critiqué la réforme des 35 heures en France, inefficace selon elle pour abaisser le chômage et source de complications juridiques depuis qu'elle a été amendée.

"L'Europe doit rendre sa population active plus productive et attirer des travailleurs plus productifs de l'étranger" au moment où elle "est en train de vieillir et sa population active de diminuer".Or aujourd'hui "les immigrants en Europe sont pour la plupart non qualifiés": la moitié environ de ceux de l'Union européenne ne sont allés qu'à l'école primaire.