Farouk Hosni, candidat controversé à l’Unesco

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Farouk Hosni, candidat controversé à l’Unesco
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Le ministre égyptien de la Culture fait figure de grand favori malgré les accusations d'antisémitisme qui pèsent contre lui.

Malaise en vue à l’Unesco. L’organisation des Nations Unies entame jeudi soir l’élection de son nouveau directeur général, poste pour lequel le ministre de la Culture égyptien Farouk Hosni est favori malgré les accusations d'antisémitisme pesant sur sa candidature. Aucun candidat n'a obtenu le nombre de voix suffisant, jeudi, lors du premier tour du scrutin. Selon une source au sein de l'Unesco, Farouk Hosni aurait obtenu 22 voix sur les 30 nécessaires pour être élu dès le premier tour. Un deuxième tour est prévu vendredi.

Farouk Hosni est accusé d'avoir tenu en 2008 des propos antisémites, affirmant qu'il "brûlerait lui-même" les livres en hébreu qu'il trouverait dans les bibliothèques égyptiennes. Depuis, Farouk Hosni a déclaré que cette phrase, prononcée lors d'un vif échange avec un député des frères Musulmans, avait été sortie de son contexte et qu'il regrettait ses propos.

"Je veux dire solennellement que je regrette les mots que j'ai prononcés (...) Ces mots sont à l'opposé de ce à quoi je crois et de ce que je suis (...) Rien ne m'est plus étranger que le racisme, la négation de l'autre ou la volonté de porter atteinte à la culture juive, ou à toute autre culture", a écrit le ministre égyptien sur le blog qu'il a ouvert.

La polémique demeure : en mai dernier, dans une tribune publiée par Le Monde, le prix Nobel de la paix Elie Wiesel, le cinéaste Claude Lanzmann et le philosophe Bernard-Henri Lévy avaient appelé la communauté internationale à "s'épargner la honte" d'une telle élection.

Ce proche du président égyptien Hosni Moubarak, âgé de 71 ans, est soutenu par l'Union africaine et la Ligue arabe. La France, où se trouve le siège de l'Unesco, n'a officiellement pas exprimé de préférence, avançant son statut de pays hôte pour expliquer sa neutralité. Nicolas Sarkozy a cependant expliqué début septembre que Farouk Hosni avait fait amende honorable et a insisté sur le rôle prépondérant joué par l'Egypte sur la scène proche-orientale, notamment depuis l'opération militaire israélienne menée contre Gaza, en janvier dernier.