Face au flux migratoire, "la Grèce pourrait ressembler à un gigantesque Calais"

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Si l'accord passé entre l'UE et la Turquie a fait diminuer le flux migratoire en provenance de l'est, Fabrice Leggeri, directeur de Frontex, s'inquiète de nouvelles arrivées en provenance de la Lybie. 

Le pape François est rentré de sa visite à Lesbos avec douze réfugiés musulmans. Un geste humanitaire qui a donné de l’espoir aux milliers d'individus qui continuent de se masser aux portes de l’Europe. Pour autant, l’agence européenne de surveillance des frontières (Frontex) a commencé, en application de l’accord passé en mars entre l’UE et Ankara, à renvoyer vers la Turquie les déboutés du droit d’asile.

La Grèce bientôt transformée en camp. "Dans toute la Grèce, on enregistre entre 50.000 et 70.000 migrants", rappelle Fabrice Leggeri, directeur de Frontex. "À ce rythme, la Grèce pourrait ressembler à un gigantesque Calais", juge-t-il au micro de la Matinale d’Europe 1. "On peut estimer qu’il y a entre 600.000 et 700.000 migrants qui sont en attente à la périphérie de l’Europe du bon moment pour entre dans l’UE".

De nouveaux flux. Frontex dispose de trois ferries pour renvoyer de Grèce vers la Turquie les migrants dont la demande d’asile a été refusée, en application de l’accord conclu entre l’UE et la Turquie. À ce jour l'agence a effectué 325 renvois, selon le chiffre du responsable. "Depuis un mois, on a assisté à une diminution par deux du nombre d’étrangers qui ont franchi la frontière. Avec l’arrivée du printemps et de l’été, il y a un risque d’augmentation des flux", note le responsable. "On peut penser que l’accord entre la Turquie et l’Union européenne a fait diminuer les flux dans la Méditerranée de l’est, mais maintenant, ce que l’on observe, c’est une augmentation de 80% des arrivées de migrants clandestins de la Lybie vers l’Italie." De ce côté, il évalue "entre 300.000 et 500.000" le nombre de migrants prêts à franchir la Méditerranée pour le sud de l'Europe.

Davantage de contrôles. "La mission de Frontex n’est pas de fermer la frontière de l’Europe mais de la rendre crédible pour détecter les entrées irrégulières", rappelle Fabrice Leggeri. "L’UE, dès novembre 2015, juste après les attentats de Paris, a décidé de renforcer les vérifications de sécurité", souligne-t-il. "Dans ce cadre Frontex aide la Grèce, avec Europole, à faire des vérifications de sécurité sur chacun des migrants pour s'assurer qu'il n'y a pas de personnes qui seraient connues pour être potentiellement terroristes et qui voudraient se mêler à ce flux de migrants."