Extradition : Battisti reste au Brésil

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avec agences , modifié à
Le président brésilien Lula a décidé de ne pas extrader en Italie l'ex-militant d'extrême gauche.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a décidé vendredi de ne pas extrader vers l'Italie l'ex-militant d'extrême gauche Cesare Battisti, réclamé pour meurtres, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Celso Amorim.

L'extradition de Battisti est réclamée avec force par l'Italie où il a été condamné par contumace en 1993 à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres commis en 1978 et 1979, crimes dont il se dit innocent.

Le gouvernement italien a déjà vivement réagi, jugeant cette "décision injuste et offensante". Jeudi, les autorités italiennes avait déjà considéré que le refus d'extrader Cesare Battisti est "absolument incompréhensible et inacceptable". "Les pires prévisions se sont avérées", mais l'Italie "tentera absolument tout" afin que le Brésil "revienne sur cette décision injuste et gravement offensante", a affirmé vendredi le ministre de la Défense, Ignazio La Russa.

Battisti, 14 années en France

Battisti a été arrêté dans son pays en 1979, quand il militait dans le groupuscule des "Prolétaires armés pour le communisme" (PAC). Condamné à douze ans de prison, il s'évade en 1981. Après un passage par le Mexique, il a trouvé refuge en France de 1990 à 2004, bénéficiant de la protection de l'ancien président socialiste François Mitterrand, et publié une dizaine de romans noirs.

Mais, en 2004, le gouvernement de Jacques Chirac change de politique et décide d'extrader Battisti vers l'Italie. Ce dernier s'enfuit alors au Brésil sous une fausse identité. En 2007, il est arrêté à Rio de Janeiro où il vivait depuis trois ans et est incarcéré près de Brasilia.