Quels sont les "Molenbeek français" dont a parlé Patrick Kanner ?

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Europe 1 a enquêté sur les communes évoquées par le ministre de la ville Patrick Kanner.

Le ministre de la Ville Patrick Kanner a estimé dimanche dernier qu'"une centaine de quartiers en France" présentent "des similitudes potentielles avec Molenbeek", qui a acquis une réputation de fief djihadiste depuis les attentats parisiens de novembre. Europe 1 s’est intéressé aux critères sur lesquels s’est basé le ministre pour avancer un tel chiffre.

Les critères dressés par les services du ministre. Les services du ministre de la Ville se sont basés sur plusieurs critères pour estimer les communes qui présentaient des similitudes avec celle de Molenbeek : les problèmes sociaux, l’ultra-communautarisme, le degré d’implantation de l’économie souterraine ou encore les défaillances des services publics.

Ces critères ont ensuite étaient croisés avec la présence de groupes salafistes qui tentent de s’implanter dans ces communes, soit via des mosquées ou alors par le biais d’associations dites culturelles. Au final, les communes qui "remplissent" tous ces critères coïncident avec les zones de sécurités prioritaires (ZSP). Il en existe quatre-vingt.

"Ils s’engrènent entre eux". Ces zones seraient le cœur de cible des recruteurs. A Trappes, par exemple, une vingtaine de jeunes hommes sont partis pour la Syrie. Pour Mohamed Kamli,  animateur depuis 20 ans dans cette ville des Yvelines, Patrick Kanner voit juste. "La situation, elle est clairement comme il la décrit", confie l’animateur. "La paupérisation de la ville se fait ressentir beaucoup plus qu’avant, il y a de l’échec scolaire. On constate aussi qu’il y a énormément de jeunes qui fréquentent la mosquée et ils se replient sur la pratique religieuse. Ils s’engrènent entre eux. Ce n’est absolument pas bon", poursuit-il.

Tout cela se traduit, sur le terrain, par des signes visibles. Dans le quartier des Minguettes,  à Venissieux près de Lyon l'ancien maire, André Gérin, a constaté cette évolution. "Il y a des territoires où c’est la loi de la charia. On le voit sur les tenues vestimentaires des filles, certaines portent la burqa", explique l’ancien édile. "Il y a aussi des exemples de gamins qui contestent les cours d’histoire à l’école. Ils sont endoctrinés".

Une grille de lecture un peu trop administrative. Mais tous ces critères ne font pas automatiquement de ces quartiers des fabriques de djihadistes. Le ministère le reconnaît. Mais les services de Patrick Kanner, quand ces critères sont remplis, il y a au moins un terreau favorable. Une grille de lecture française un peu trop administrative selon certains sociologues.

Ces derniers critiquent aussi le recoupement fait avec les ZSP, car ces zones ont été créées sur des bases liées à la délinquance et non sur des considérations de terrorisme. Mais le fait est que ces zones sont celles où on enregistre le plus de départs en Syrie.