Ex-otages : et les enfants ?

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Ex-otages : et les enfants ?
Les ex-otages sont arrivés en France samedi.@ MAXPPP
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L'AVIS DE - Les enfants du couple Moulin-Fournier "savent très bien ce qui s’est passé", selon un psychiatre.

La question. Quelles séquelles pour les enfants ? Après le retour en France de la famille Moulin-Fournier, détenue pendant 60 jours au Nigeria par la secte islamiste Boko Haram, la question se pose pour les quatre garçons du couple, âgés de 5, 8, 10 et 12 ans. Leur mère, Albane Moulin-Fournier, l’a assuré sur France 2 : "les enfants vont très bien, ils ont très bien résisté, ils n’ont pas pleuré, pas fait de cauchemars".

> Ils racontent des "moments très durs"

"Ils savent très bien ce qui s’est passé". Pour le psychiatre Gérard Lopez, "les enfants se rendent compte de tout". "Ils savent très bien ce qui s’est passé", assure-t-il sur Europe 1, notant que les quatre garçons "ont été bien protégés par les parents, ils n’ont pas été séparés, ils ont joué avec eux". "Ils peuvent éventuellement protéger les parents, faire comme si tout allait bien pour ne pas les inquiéter", soulève le psychiatre.


Des enfants traumatisés ? "Peut-être qu’il y a des événements, des images qui se sont gravées dans leur esprit et on ne peut pas savoir si un jour ou l’autre ça va se réveiller", explique Gérard Lopez, pour qui les enfants Moulin-Fournier ont pu être marqués par "des mots terribles, une fuite, peut-être des insultes", même "s’ils font mine de rien". "Il n’est pas sûr et certain qu’ils revivront ces choses là mais c’est possible, toujours après une phase de latence qui peut être très longue : un mois, six mois, un an, dans dix ans…", indique le praticien. Ces souvenirs terribles peuvent "ressurgir à l’occasion d’un film sur une prise d’otage", ou s’ils se retrouvent confrontés à "quelqu’un qui leur rappellera une situation qui est arrivée". Gérard Lopez appelle tout de même à "l’optimisme", en soulignant que les enfants ont "eu de très bonnes conditions" et qu’il existe aujourd’hui "des techniques thérapeutiques pour traiter ces mauvais souvenirs".

> ZOOM : Le rôle clé du Cameroun

Le retour au Cameroun. A peine arrivé en France, Tanguy Moulin-Fournier  a exprimé son désir de retourner vivre au Cameroun avec sa famille. Quant aux enfants, qui ne seront soumis à aucun débriefing des services de renseignements, ils ont hâte de retrouver leurs copains là-bas. "Retourner au Cameroun, c’est une très bonne chose", juge Gérard Lopez, pour qui "cela évite l’évitement" : "il y a des choses terribles, si on les évite, on ne peut pas s’y habituer".