Etats-Unis : une tribu mexicaine va déposer plainte contre le mur de Trump

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Etats-Unis : une tribu mexicaine va déposer plainte contre le mur de Trump
Une équipe de construction à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, le 15 février.@ JIM WATSON / AFP
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Installée sur les deux Etats, la tribu Tohono O'Odham juge que le projet du président américain viole ses droits.

Une tribu du nord du Mexique, dont le territoire s'étend par-delà la frontière avec les Etats-Unis, va déposer plainte contre le projet de mur frontalier de Trump avec l'appui du gouvernement mexicain, a-t-on appris vendredi.

"Violation" des droits de cette ethnie. "Un mur dans un désert ne fera qu'affaiblir notre culture déjà fragmentée" a dénoncé Alicia Chuhuhua, une responsable de la tribu Tohono O'Odham dans un communiqué, indiquant qu'une plainte auprès de la Cour interaméricaine des droits de l'Homme sera déposée. "On ne peut pas permettre que se produise une violation" des droits de cette ethnie a commenté de son côté Jaime Martinez, chargé du dialogue avec les peuples indigènes auprès du gouvernement mexicain, qui appuiera cette plainte qui devrait être déposée en avril. 

Une communauté à cheval sur les deux Etats. Le territoire des Tohono O'Odham a été divisé en 1848 lorsque la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis a été dessinée. Néanmoins, les 30.000 membres de cette communauté vivant entre l'Etat de Sonora au nord du Mexique et l'Etat d'Arizona (Etats-Unis), possèdent un permis spécial leur permettant de franchir librement les 120 kilomètres de frontière qui traverse leur territoire. Dans cette zone, la frontière est délimitée par une simple clôture.

"Le scandale va être plus grand que celui du mur de Berlin." Jaime Martinez assure que la plainte s'appuiera sur les accords existants portant sur les tribus indigènes des Etats-Unis signés devant l'ONU et l'Organisation des Etats Américains (OEA). Ces textes stipulent que les tribus séparées par une frontière internationale "ne peuvent être, en aucune façon, divisées ni empêchées de circuler librement" souligne-t-il. 

Si malgré une recommandation de la Cour interaméricaine des droits de l'homme, le président américain s'obstine à construire le mur, "je pense que le scandale va être plus grand que celui du mur de Berlin. Parce que là-bas, il n'y avait pas les instruments juridiques que nous avons ici", prévient ce responsable.

Le projet de mur anti-migrants que le président américain veut faire payer par le Mexique a déclenché la pire crise diplomatique entre les deux pays depuis des décennies