Etats-Unis : Uber accusé de faire travailler d’anciens criminels

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Etats-Unis : Uber accusé de faire travailler d’anciens criminels
@ AFP
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Les autorités américaines accusent le service de réservation de voiture avec chauffeur de mentir sur la fiabilité des contrôles des antécédents de ses conducteurs.

Avis de forte tempête du côté d’Uber. Le géant américain des VTC se retrouve dans une position très fâcheuse après les révélations des autorités américaines. Elles accusent Uber dans une plainte déposée mercredi à San Fransisco de mentir sur la fiabilité des contrôles des antécédents de ses conducteurs, qui laissent passer des criminels.

Des criminels de toute sorte. Les procureurs de San Fransisco et de Los Angeles dressent une liste de 15 personnes ayant été découvertes alors qu’elles conduisaient pour Uber en dépit de condamnations judiciaires. “Rien qu’à Los Angeles, des délinquants sexuels enregistrés, un kidnappeur, des voleurs d’identité, des cambrioleurs, et un meurtrier condamné ont passé les contrôles (...) d’Uber”, écrivent-ils. Ces conducteurs avaient initialement été épinglés pour avoir embarqué illégalement des passagers à l'aéroport ou dans la rue, précisent-ils.

Un danger pour la sécurité publique. Les méthodes de contrôle employées par l'entreprise sont d'après eux beaucoup moins sûres que celles utilisées pour les chauffeurs de taxis traditionnels dans les grandes villes de Californie. Uber ne s'assure ainsi pas de l'identité réelle de l'aspirant conducteur en vérifiant ses empreintes digitales.

"Les représentations trompeuses d'Uber représentent un danger particulier pour la sécurité publique vu le phénomène bien documenté des parents qui envoient leurs enfants adolescents non accompagnés dans des véhicules Uber", pour aller de l'école à des entraînements sportifs ou des cours de musique par exemple, relève la plainte. Les autorités réclament l'arrêt des pratiques incriminées et des pénalités financières.

Uber conteste la supériorité du système des taxis.Uber a réagi en convenant dans un premier temps que la sécurité est une priorité. Mais le leader des VTC conteste aussi la supériorité du système des taxis sur son propre système.

Selon la start-up, les contrôles réalisés par Uber sur “des centaines de personnes” ont  notamment permis de débusquer des condamnations pour conduite en état d'ébriété, viol, tentative de meurtre, maltraitance d'enfant ou violence. Au contraire, le système des taxis "inclut des gens qui ont été arrêtés mais pas toujours inculpés ou condamnés, ce qui peut créer des discriminations envers les minorités".


Et en France ? Europe 1 a contacté Uber France pour savoir comment l'entreprise réagissait à ces révélations. Selon un porte-parole de la start-up, "la sécurité des chauffeurs et des usagers est primordiale (...)". Il précise qu'"en France, il existe un fichier centralisé du casier judiciaire. Chaque chauffeur s'inscrivant sur la plateforme Uber doit fournir un extrait de casier judiciaire vierge de moins de 3 mois, avant de pouvoir être inscrit sur le réseau et prendre en charge des passagers". "A défaut de présentation d'un extrait vierge", poursuit le porte-parole, "il ne peut être inscrit sur la plateforme Uber et son compte ne peut être activé".