États-Unis : novice en politique étrangère, Trump consulte l'ex-stratège Kissinger

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États-Unis : novice en politique étrangère, Trump consulte l'ex-stratège Kissinger
Donald Trump a rencontré plusieurs fois le très respecté Henry Kissinger, ancien chef de la diplomatie américaine@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Pour sa politique étrangère, le futur président Donald Trump s'est entretenu deux fois en quelques jours avec le prix Nobel de la Paix Henry Kissinger.

Le président américain Donald Trump, novice en politique et en diplomatie, a consulté jeudi à New York l'une des figures de la diplomatie internationale du 20e siècle, Henry Kissinger.

Une carrière couronnée de succès. L'ancien secrétaire d'État, conseiller à la sécurité nationale des présidents américains Richard Nixon et Gerald Ford, est réputé aux États-Unis et dans le monde pour avoir piloté la diplomatie américaine durant la Guerre froide avec l'URSS. Il a orchestré le processus de rapprochement des États-Unis avec la Chine au début des années 1970 et conclu les Accords de paix de Paris qui ont mis fin à l'engagement militaire américain au Vietnam - mais pas la guerre - et pour lesquels il s'est vu décerner en 1973 le prix Nobel de la Paix avec le chef du Parti communiste nord-vietnamien Le Duc Tho.

Des actions controversées. Allemand juif né en 1923, il avait émigré aux États-Unis en 1938 pour échapper aux nazis et fut naturalisé Américain en 1943. Âgé aujourd'hui de 93 ans, il demeure un expert respecté et souvent consulté aux États-Unis et à l'étranger, même si son rôle dans le coup d'État au Chili en 1973 ou dans les bombardements sur le Cambodge durant la Guerre du Vietnam demeure extrêmement controversé. "J'ai un immense respect pour le docteur Kissinger et j'ai été sensible au fait qu'il a partagé ses idées avec moi", a déclaré le futur 45e président des États-Unis, après leur entretien, le second en quelques jours.

Kissinger avait parié sur Hillary Clinton. Pourtant Henry Kissinger n'avait pas parié sur Donald Trump à la Maison Blanche. Dans une interview au magazine spécialisé The Atlantic avant la présidentielle, il avait exprimé sa préférence pour la démocrate Hillary Clinton, partisane selon lui du "modèle traditionnel, ouvert sur l'extérieur et internationaliste" de l'Amérique.


Si elle avait remporté l'élection du 8 novembre, Hillary Clinton aurait probablement été une présidente plus interventionniste sur la scène internationale, tandis que le président élu Trump est rattaché au courant isolationniste de la politique étrangère des États-Unis.