États-Unis : nouvel échec pour les Républicains, incapables de s'entendre sur une réforme de la santé

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États-Unis : nouvel échec pour les Républicains, incapables de s'entendre sur une réforme de la santé
Les sénateurs de la majorité ne parviennent pas à trouver un compromis sur la réforme de santé@ NICHOLAS KAMM / AFP
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Les sénateurs républicains ne parviennent pas à se mettre d'accord, entre la frange conservatrice qui souhaite une abrogation totale de l'Obamacare et celle plus modérée qui souhaite plutôt un remaniement du texte.

Les Républicains, minés par leurs dissensions internes, sont encore une fois à la peine pour abroger l'Obamacare, leur cheval de bataille depuis maintenant sept ans. Trois de leurs sénateurs ont menacé jeudi de bloquer la machine législative.

Une fragile majorité. Les sénateurs Lindsey Graham, Ron Johnson et John McCain ont fait cette annonce jeudi en expliquant qu'ils attendaient de la Chambre des représentants qu'elle se montre plus ouverte à des négociations avec le Sénat. Les Républicains tiennent pourtant les deux chambres du Congrès, mais avec 52 sièges sur 100 au Sénat, ils ne disposent que d'une très faible marge de manoeuvre, qui rend toute défection quasi-fatale.

La crainte d'une abrogation "a minima". La déclaration des trois sénateurs fragilise encore plus un parti républicain déjà profondément divisé sur la question de la solution à adopter pour remplacer la couverture santé mise en place par le président Barack Obama en 2010. Jeudi, les trois sénateurs s'opposaient à une option surnommée "l'abrogation a minima", qui devait être discutée puis votée au Sénat jeudi ou vendredi.

Ce projet prévoit de supprimer plusieurs mesures mises en place par l'Obamacare, mais maintiendrait plusieurs pans de la loi passée par le président démocrate. Les Républicains ne comptaient pas faire de ce projet une loi à part entière, mais entendaient plutôt l'utiliser comme base de négociations dans les allers-retours avec la Chambre des représentants. Cependant certains sénateurs Républicains craignent que la chambre basse ne change d'avis et ne vote le projet en l'état, ce qui l'enverrait automatiquement devant le président Trump, qui n'aurait plus qu'à le promulguer. 

Tenter de rassembler modérés et conservateurs. Cela fait trois jours que les républicains sont embourbés dans ce débat après avoir volontairement prolongé la session parlementaire pour tenter enfin de trouver un compromis entre l'aile la plus conservatrice du parti et les modérés.

Les premiers entendent se débarrasser purement et simplement de l'Obamacare, alors que les seconds veillent à ne pas laisser leurs électeurs les plus défavorisés totalement démunis. L'"abrogation a minima" semblait en mesure de fédérer l'ensemble des parlementaires conservateurs, qui restaient sur deux échecs consécutifs dans la chambre haute.

Neuf défections. Le Sénat avait voté de justesse mardi pour une simple motion de procédure qui autorisait la réouverture des débats, avec pour objectif d'adopter cette semaine un projet de loi abrogeant au moins partiellement Obamacare. Mais les réjouissances ont été de courte durée, puisque dans la foulée, neuf sénateurs républicains s'étaient déjà joints à l'opposition démocrate pour rejeter un projet d'abrogation et de remplacement complet. Mercredi, ils étaient sept à rejeter un projet de démantèlement sans remplacement de la loi existante.

Un dossier sensible pour le président. Donald Trump est particulièrement sensible à l'issue de ce texte, lui qui n'a cessé de promettre pendant sa campagne qu'il en finirait avec Obamacare à peine arrivé à Washington. Pour ce faire, il manie tour à tour la carotte ou le bâton pour motiver les parlementaires du Grand Old Party (GOP). "Allez les sénateurs républicains, vous pouvez y arriver avec le système de santé", avait-il tweeté jeudi matin pour les encourager.