Le cerveau de "l'eBay de la drogue" va s'expliquer

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Le cerveau de "l'eBay de la drogue" va s'expliquer
@ AFP
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Le procès du créateur présumé du site internet, Silk Road, qui proposait notamment de la drogue payable en monnaie virtuelle, s'est ouvert mardi aux Etats-Unis. 

C’est un procès plutôt insolite qui s’est ouvert mardi à New York. Devant la justice américaine, s’est présenté Ross Ulbricht, créateur du site “Silk Road”. Ce site internet proposait des drogues payables en monnaie virtuelle bitcoin mais aussi des kits de piratage et des faux papiers. 

Il risque la réclusion à perpétuité. Interpellé en octobre 2013 et placé ensuite en détention provisoire, Ross Ulbricht est soupçonné d’avoir dirigé le “plus grand et le plus sophistiqué marché noir de la criminalité sur internet”, affirme l’accusation. Alors qu’avait lieu mardi la sélection des jurés, le prévenu a plaidé non coupable des sept chefs d’accusation, parmi lesquels blanchiment d’argent et trafic de stupéfiants. Il risque la réclusion à perpétuité. 

Anonymat, argent sale et drogues. Le site Silk Road, dirigé et créé par Ross Ulbricht depuis 2011, permettait à des milliers d’internautes de blanchir des millions de dollars d’argent sale. Fermé par le FBI juste après l’arrestation de son dirigeant, le site proposait aussi à ses utilisateurs d’acquérir héroïne, cocaïne ou LSD grâce à la monnaie virtuelle bitcoin. L’anonymat de cette centaine de milliers d’acheteurs d’Amérique du Nord et d’Europe était, de plus, garanti.  

Des kits de piratage informatique, des faux permis de conduire, passeports, documents d'assurance ainsi que des services de tueurs à gage étaient également vendus sur ce site, d'après l'accusation. 

Deux versions sur la personnalité de Ross Ulbricht. La famille et les amis de Ross Ulbricht, convaincus de son innocence, ont levé près de 340.000 dollars pour financer sa défense via un site intitulé “Free Ross” (Libérez Ross). Si son entourage le décrit comme un frère et un fils généreux, l’accusation dépeint une personnalité bien différente, qui encaissait des “dizaines de millions de dollars” de commissions sur des ventes de produits illégaux. Mardi, une poignée de manifestations avaient, en outre, brandi des pancartes clamant "Héberger sur internet n'est pas un crime !"