États-Unis : ce que l’on sait après les attaques du week-end

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États-Unis : ce que l’on sait après les attaques du week-end
Un même suspect, un homme de 28 ans, est recherché dans l'enquête sur les attaques de New York et du New Jersey. @ Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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En moins de 24 heures, les États-Unis ont dû faire face à plusieurs attaques ou tentatives d’attaque. De quoi agiter le spectre d’une menace terroriste de grande ampleur.

Les États-Unis se sont réveillés lundi encore transis par un week-end qui a vu se produire plusieurs attaques dans le pays. "C'est probablement la première attaque terroriste d'envergure depuis le 11-Septembre", a même lâché l'ancien chef de la police, Bill Bratton, sur NBC.

La principale d'entre elles est intervenue samedi soir, avec l'explosion d'une bombe artisanale à New York, qui a fait 29 blessés dans le quartier animé de Chelsea. Un autre engin explosif a été retrouvé à proximité, qui n'avait pas explosé. Au nord, dans le Minnesota, un homme a également blessé samedi soir neuf personnes à l'arme blanche dans un centre commercial, avant d'être abattu. Plus tôt samedi, une bombe avait explosé dans le New Jersey sur le parcours d'une course à pied, sans faire de blessés car le départ de l'épreuve avait été retardé. Trois autres bombes artisanales ont été trouvées sur les lieux, qui n'avaient pas explosé, et "jusqu’à cinq" engins explosifs ont été découverts dimanche soir, dans un sac à dos placé dans une poubelle, à Elizabeth

  • New York : le suspect interpellé

Le suspect des attaques à la bombe samedi à Manhattan et dans le New Jersey a été arrêté lundi, selon les médias américains. Il s'agit d'Ahmad Khan Rahami, un Afghan de 28 ans naturalisé américain, résidant à Elizabeth, dans le New Jersey, tout près de New York. Il a été arrêté dans la ville de Linden, après un échange de coups de feu avec la police, au cours duquel il aurait été blessé.

Mais les enquêteurs estiment qu'il n'a pas agi seul et que plusieurs personnes sont impliquées dans ces explosions. Cinq personnes ont déjà été interpellées dimanche dans le cadre de l'enquête. Samedi, la police avait trouvé une deuxième bombe artisanale, qui n'a pas explosé, près du lieu de la déflagration à Manhattan. Comme celle qui a été actionnée quelques rues plus bas, elle était composée d'une cocotte-minute, munie d'un téléphone à clapet, d'illuminations de Noël, de matière explosive et remplie de fragments métalliques, selon le quotidien New York Times, citant dimanche soir des responsables des forces de sécurité. 

"On sait qu'il y a eu une bombe, ça, c'est clair. Mais il va falloir travailler encore beaucoup pour savoir quelle motivation était derrière : s'agissait-il d'une motivation personnelle, d'une motivation politique, on ne sait pas encore", a souligné le maire de New York.

  • New Jersey : aucune victime, mais des "points communs" avec New York

Aucune revendication n'a encore eu lieu, trois jours après qu'une bombe artisanale a également explosé, sans faire de victimes dans la ville de Seaside Park, dans le New Jersey. L’engin explosif a été découvert sur le parcours d'une course à pied à laquelle participaient des centaines de coureurs. Trois autres bombes à retardement, qui n'avaient pas fonctionné, ont également été retrouvées sur place. Et "jusqu'à cinq" à Elizabeth. Une découverte d’autant plus inquiétante que la ville est toute proche du deuxième aéroport de New York, Newark, et que le colis suspect a été trouvé dans la gare d'où partent les trains pour l'aéroport.



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Si Ahmad Khan Rahami était également recherché dans le cadre de cette enquête, Barack Obama a rappelé lundi qu'il n'y avait "pour le moment aucun lien" entre les attentats dans le New Jersey et à New York. Les bombes découvertes à Manhattan et dans le New Jersey ne sont pas identiques. Elles ont cependant certains "points communs" en ce qui concerne les éléments chimiques et technologiques utilisés, a déclaré le gouverneur de l'État de New York, selon qui l'enquête s'oriente vers une éventuelle "connexion étrangère".

  • Minnesota : l’attaque au couteau revendiquée par l’EI

Outre les explosions de New York et du New Jersey, une autre attaque a eu lieu samedi dans un centre commercial de St. Cloud, dans le Minnesota. Un homme de 22 ans y a blessé neuf personnes à l'arme blanche avant d'être abattu par un policier qui n'était pas en service.

Malgré les réticences de la police à parler franchement d'un acte terroriste, le groupe État islamique a de son côté déjà revendiqué cet assaut comme étant le fait d'un de ses "soldats". L'attaque a été menée "en réponse aux appels de l'État islamique à prendre pour cibles les ressortissants des pays appartenant à la coalition des croisés", a précisé l'Amaq, l'organe de propagande de l'EI. "Nous enquêtons sur ces événements comme un potentiel acte de terrorisme. Je dis bien potentiel. Il y a encore beaucoup de choses qu'on ne sait pas pour le moment, si le suspect était en contact, ou a été inspiré par une organisation terroriste étrangère", a dit dimanche après-midi l'agent du FBI en charge de l'enquête Rick Thornton, faisant montre d'une prudence extrême.

  • Un enjeu sécuritaire

Si aucune de ces attaques ou tentatives d’attaques n'a été meurtrière, l'inquiétude est grande aux États-Unis. Les mesures de sécurité, déjà omniprésentes à New York où les attentats meurtriers du 11 septembre 2001 restent ancrés dans les mémoires, ont été renforcées. 

Quelque 1.000 agents supplémentaires ont été déployés dans la première mégapole américaine, où le président Barack Obama est arrivé dimanche après-midi, en vue de l'Assemblée générale de l'ONU annuelle qui se tient cette semaine au niveau des chefs d'Etat. Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a cependant souligné que cette mesure était prise par "précaution". Car "nous n'avons aucune raison de penser qu'il y a d'autres menaces immédiates", a-t-il souligné. Le président Barack Obama a également appeler à ne pas "succomber à la peur", promettant que "justice (sera) faite". Donald Trump, lui, n'a pas hésité à prédire de nouvelles attaques. Le candidat républicain a fait de l'angoisse sécuritaire l'un des points forts de sa campagne.