Poutine pense à un nouvel Etat dans le sud-est de l'Ukraine

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Poutine pense à un nouvel Etat dans le sud-est de l'Ukraine
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GEOPOLITIQUE - C'est la première fois que le président russe évoquait un tel statut pour les régions où s'affrontent loyalistes et rebelles prorusses.

Après les appels au dialogue entre loyalistes et rebelles prorusses, puis l'idée d'une fédéralisation de l'Ukraine, Vladimir Poutine a proposé dimanche une nouvelle sortie de crise : accorder un "statut étatique" à  la partie est de l'Ukraine. Polémique assurée dans un pays qui a déjà vu la Crimée annexée par son grand voisin.

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Ce qu'a déclaré Poutine. "Nous devons commencer immédiatement des discussions substantielles (...) sur des questions touchant à l'organisation politique de la société et à un statut étatique pour le sud-est de l'Ukraine afin de protéger les intérêts légitimes des personnes qui y vivent", a annoncé Vladimir Poutine lors d'une émission télévisée et cité par les agences russes. Jusqu'à présent, la Russie avait seulement demandé que les régions orientales de l'Ukraine, majoritairement russophones, aient davantage d'autonomie dans un système fédéral moins centralisé.

Poutine

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Le Kremlin pas loin du démenti. Peu après la diffusion des propos de Vladimir Poutine, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, considérant que certains médias pouvaient surinterpréter ces déclarations, a affirmé que le président n'avait jamais évoqué la création d'un Etat indépendant pour les régions du sud-est du pays. Il s'agit "d'une interprétation absolument fausse" de l'intervention télévisée du président, a-t-il estimé. "Le président avait à l'esprit (...) les intérêts de la Nouvelle Russie", mot que Vladimir Poutine utilise pour désigner les régions russophones en Ukraine. Selon Dmitri Peskov, le président a aussi mis l'accent sur la nécessité de "négociations plus ouvertes (...) au sein de l'Ukraine".

Moscou a demandé à plusieurs reprises que les séparatistes pro-russes, qui combattent les forces loyales à Kiev dans l'est de l'Ukraine, puissent participer aux discussions sur le règlement de la crise. Mais les dirigeants ukrainiens sont réticents à l'idée de s'asseoir à la table des négociations en la présence de représentants des insurgés, qu'ils considèrent comme illégitimes.

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La menace de nouvelles sanctions européennes. Réunis samedi à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont donné une semaine à la Russie pour changer de cap, sous peine de nouvelles sanctions. Vladimir Poutine, qui s'exprimait dans une émission télévisée enregistrée vendredi par la chaîne de télévision d'Etat, Rossiya 1, n'a pas évoqué la question de la menace de sanctions accrues contre Moscou brandie par les Occidentaux, qui accusent la Russie d'engagement militaire en Ukraine. Le numéro un du Kremlin a toutefois estimé que les Occidentaux portaient la responsabilité de la crise ukrainienne parce qu'ils avaient soutenu le mouvement de protestation ayant conduit en février au "coup d'Etat" contre le président prorusse Viktor Ianoukovitch sans penser qu'un conflit s'ensuivrait. "Ils auraient dû savoir que la Russie ne pouvait pas rester à l'écart quand des gens se font tirer dessus presque à bout portant", a prévenu Vladimir Poutine, précisant parler non "de l'Etat russe, mais du peuple russe".

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