Essai de bombe H en Corée du Nord : "la capacité nucléaire de Pyongyang se crédibilise"

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Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique, estime que la Corée du Nord a franchi un cap an réussissant un test de bombe à hydrogène.

INTERVIEW

La Corée du nord affirme avoir testé cette nuit, avec succès, une bombe à hydrogène (bombe H). Pyongyang parle d'une "réussite parfaite" et précise que l'engin peut être monté sur ses missiles à longue portée. Il s'agit là du sixième essai nucléaire de la Corée du nord. Pour Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique, ce test "crédibilise la capacité nucléaire" de Pyongyang et aggrave la menace qui plane sur les États-Unis.

Puissance nucléaire en augmentation. "La Corée du Nord a procédé à plusieurs essais nucléaires depuis 2006 avec une puissance en constante augmentation. Le dernier essai, effectué en septembre 2016, était déjà une bombe H, selon les dires de Pyongyang. Mais ce n'était pas vraiment une réussite", rappelle Valérie Niquet, interrogée par Europe 1. "L'essai de dimanche est six fois plus puissant que le précédent. On peut donc dire que la Corée du Nord a effectivement réussi un test de bombe H, c'est tout à fait crédible."

Visiblement, les pressions de la communauté internationale n'ont pas suffi à freiner les ambitions belliqueuses de Pyongyang. "La Corée du Nord, contrairement à ce que l'on pouvait penser, a eu les moyens, en dépit des sanctions, de continuer tranquillement à développer ses capacités nucléaires et balistiques. Elle y a consacré tous les moyens techniques et financiers à sa disposition et aujourd'hui on voit l'aboutissement de ce programme", souligne Valérie Niquet.

Provocation envers les États-Unis. Cette spécialiste de géopolitique asiatique estime que l'essai nucléaire de dimanche induit "une double menace". "D'abord, la capacité nucléaire de la Corée du Nord se crédibilise, ce qui est l'objectif premier de Pyongyang. Et puis en mettant cette bombe sur un missile intercontinental, c'est le territoire américain qui est directement visé", explique Valérie Niquet. "C'est une provocation frontale qui rajoute à l'escalade des tensions avec les États-Unis."

Les États-Unis au pied du mur. La réaction des États-Unis sera d'ailleurs scrutée par la communauté internationale. Alors que les provocations verbales entre Kim Jong-un et Donald Trump étaient redescendues d'un cran ces derniers jours, le test de Pyongyang risque de remettre de l'huile sur le feu. "On voit bien que la dissuasion verbale ne marche pas. On peut se demander si, dans ces circonstances, la seule solution n'est pas une riposte militaire. Mais c'est très va-t-en-guerre, il n'est pas du tout certain que les États-Unis aillent jusque-là", analyse Valérie Niquet. Que faire alors puisque le dialogue ne marche pas ? "L'autre choix possible actuellement, c'est le renoncement : accepter que la Corée du Nord soit une puissance nucléaire, qui plus est particulièrement provocatrice."