Espagne : Rajoy veut lancer un processus de "dialogue"

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Espagne : Rajoy veut lancer un processus de "dialogue"
@ CESAR MANSO / AFP
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Le chef du gouvernement conservateur espagnol sortant Mariano Rajoy a offert lundi le dialogue aux autres partis prêts à défendre l'unité de l'Espagne en vue de former un gouvernement. 

Une main tendue. Le conservateur espagnol Mariano Rajoy s'est retrouvé lundi devant l'impossibilité de former un nouveau gouvernement, les deux principales formations de gauche lui barrant la route, au lendemain des législatives. Il a donc offert le dialogue aux partis prêts à défendre l'unité de l'Espagne et sa place en Europe en vue de former un gouvernement. "L'Espagne ne peut pas se permettre une ère d'incertitude politique", a déclaré Mariano Rajoy après une sombre journée à la Bourse, en chute de 3,62% à la clôture. Son Parti populaire (PP), premier aux législatives de dimanche "a un mandat et la responsabilité pour entamer un processus de dialogue", a-t-il dit en précisant qu'il tendrait la main aux formations défendant l'unité de l'Espagne, son ordre constitutionnel ou encore ses engagements européens.

Contre Mariano Rajoy. A la mi-journée pourtant, ses partenaires potentiels semblaient avoir déjà fermé la porte. Chacun de leur côté, sans attendre, Podemos et le PSOE ont annoncé être contre un deuxième gouvernement dirigé par Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 2011.  De son côté, le libéral Ciudadanos - qui aurait pu être le seul grand allié du PP - a précisé qu'il s'abstiendrait lors de la séance d'investiture, prévue courant janvier.

Une situation qui inquiète Bruxelles. La Constitution prévoit que le roi désigne, après consultations, un candidat chargé de former un cabinet, qui doit ensuite être investi par la chambre. Pour ce faire, le gouvernement doit obtenir la majorité absolue des sièges. En cas d'échec, l'investiture est possible à la majorité simple, que Mariano Rajoy n'obtiendrait donc pas avec ses 123 sièges et faute du soutien de Ciudadanos. Un scénario qui inquiète aussi à Bruxelles. "Il appartient aux autorités espagnoles de voir comment l'Espagne arrivera à se doter d'un gouvernement stable qui puisse jouer tout son rôle en Europe", a réagi le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker.