Entre Newsweek et la France, rien ne va plus

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Entre Newsweek et la France, rien ne va plus
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FRENCH-BASHING - Deux articles incendiaires sur la France ont fâché les internautes et poussé deux ministres à réagir.

L'INFO.Newsweek persiste et signe. L'hebdomadaire américain, qui n'est plus édité que sur Internet, a publié mardi un deuxième article sur le "déclin de la France", quelques jours après un autre article sur le même thème, truffé d'erreurs et qui a fait bondir internautes et ministres. Car si le french-bashing est un exercice prisé des médias anglo-saxons, il est rare qu'il atteigne de tels sommets de mauvaise foi.

Le litre de lait à six euros. Vendredi, la journaliste Janine di Giovanni, qui dit habiter à Paris depuis dix ans, publie un article au titre sans ambigüité : "la chute de la France". On y apprend avec stupeur qu'il faut compter 6 euros pour un litre de lait à Paris, que les autorités françaises distribuent des couches gratuites et qu'il n'existe pas en français de mot pour "entrepreneur". Mais aussi que le taux supérieur d'imposition atteint 75% en France depuis l'élection de François Hollande, ce qui est faux, écrit Le Monde : "au-delà de 150.000 euros annuels, le taux marginal de l'impôt sur le revenu est de 45%". Quant à la taxe à 75%, elle est payée par les entreprises, mais a été "censurée par le Conseil constitutionnel en tant que tranche d'imposition supplémentaire".

"C'est le pompon", pour Moscovici. Les inexactitudes et erreurs de l'article de cette journaliste américaine, qui se présente sur son site comme "l'une des journalistes les plus respectées d'Europe", ont suscité la colère des internautes français.

Deux ministres ont aussi réagi, à commencer par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, qui a invité les lecteurs de Newsweek à "visiter la France telle qu'elle est".

Pour Pierre Moscovici, présenté comme le "détesté ministre des Finances", "il peut arriver qu'une critique soit pertinente", mais là, "c'est le pompon". Lui qui regrette "avec tristesse" le temps où le magazine était "une référence internationale", a jugé mardi que l'article de Janine di Giovanni était un "pamphlet" qui sera "un cas d'école en école de journalisme" et qui suscite "une certaine hilarité".

Newsweek récidive et contre-attaque. Lundi, Newsweek a récidivé avec un nouvel article intitulé "La chute de la France II : comment la nation du coq est devenue une autruche". L'auteur, une autre journaliste, note que l'article de sa consœur a reçu un accueil "froid" en France. Mais pour Le Monde, elle aligne tout de même plusieurs "contre-vérités", notamment à propos d'une note de la Commission européenne sur les "déséquilibres macroéconomiques" de la France. Cette recommandation de 2013 est en fait "similaire, mot pour mot, à celle adressée à neuf autres pays : la Suède, le Royaume-Uni, la Finlande, Malte, la Hongrie, l'Italie, le Danemark, la Bulgarie et la Belgique". La fin de l'article a de son côté de quoi faire sourire : "comme disent les Français, 'Pour être continué'". Quant au patron du magazine en ligne, le Français Etienne Uzac, qui a racheté le site en août dernier, il a refusé de commenter "le spécifique de l'article" de Janine di Giovanni. Tout en jugeant qu'il lançait "un débat intéressant pour la France". 

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