En pleine crise raciale, Washington ouvre le musée de l'histoire afro-américaine

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Barack Obama a inauguré samedi le très attendu musée de l'histoire afro-américaine à Washington, sur fond de tensions raciales.

REPORTAGE

C'est un projet centenaire enfin finalisé. Le musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine, situé sur le National Mall, cette immense coulée verte à deux pas de la Maison-Blanche, a été inauguré samedi à Washington.

"Nous sommes l'Amérique". Des milliers de personnes, en écrasante majorité des Noirs, ont convergé des quatre coins de l'Amérique pour assister à l'ouverture de ce véritable lieu de mémoire, dont la forme évoque une couronne de bronze africaine. Le NMAAHC rassemble des milliers d'objets racontant l'histoire des Noirs, de l'esclavage à l'accès aux droits civiques en passant par la ségrégation, ainsi que leurs contributions dans la culture, le sport et la société. "Nous ne sommes pas un fardeau pour l’Amérique. Nous sommes l’Amérique", a lancé Barack Obama, premier président noir aux Etats-Unis, sous l'ovation du public et les applaudissement d'un parterre de responsables politiques. 

Un voyage dans le temps douloureux. Dans la foule, l'émotion est palpable. Dorothée, qui a participé dans les années 60 au mouvement des droits civiques, a fait le déplacement depuis Pittsburgh. "Je ne peux pas décrire ce que je ressens. Je pleure car je suis si heureuse", confie-t-elle au micro d'Europe 1. Un musée comme un voyage dans l’histoire douloureuse de la communauté afro-américaine. Un voyage "éprouvant" selon les premiers visiteurs. "C’est un peu les montagnes russes émotionnellement. Je suis toujours en train de m’en remettre", commente l’un d’eux.

Sur fond de tensions raciales. Cinq jour après le drame de Charlotte en Caroline du Nord où un homme noir a été abattu par la police, aggravant une fois encore le problème des violences policières aux Etats-Unis contre la communauté noire, cette inauguration a pour beaucoup un goût particulier. "Il y a des gens qui se font tuer dans la rue, c’est injuste. Des gens qui manifestent en ce moment à Charlotte. Alors ce musée c’est bien, mais ça ne va rien changer du tout", juge une spectatrice.

Apaiser. Barack Obama a terminé son discours sur une note d’optimisme. Il a dit espérer que "la vérité sur l’histoire des Etats-Unis renforcerait le peuple américain". Même Donald Trump, qui peine à séduire les électeurs noirs et a tenu des propos controversés sur les tensions raciales, a jugé lui aussi le musée "magnifique" et salué "la contribution incroyable" des Noirs à leur pays.