En Italie, la famille de Leonarda a aussi eu des problèmes

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avec agences
La ville italienne où résidait la famille a menacé de retirer au père la garde des enfants.

L'INFO. Un rapport d'enquête a fait la lumière samedi sur les conditions de l'interpellation de Leonarda, une collégienne rom de 15 ans remise à la police lors d'une sortie scolaire pour être expulsée avec sa famille. Selon ce document, cette expulsion est "conforme à la réglementation". Mais quelle a été la trajectoire de cette famille avant son arrivée en France ? Le maire de Fano, ville italienne où avait résidé la famille durant de nombreuses années, est sorti du silence. Et il décrit un père de famille très difficile à gérer, qui a fui la ville lorsque les autorités de cette ville avaient menacé de retirer la garde des enfants.

Menacé de perdre la garde de ses enfants. Le maire a précisé que la ville les a logés dans une ancienne école, mais qu'il n'"était pas facile de traiter avec Resat, le père". "Les enfants ne fréquentaient que très peu l'école, même s'il les avait inscrits. Il les envoyait mendier. Ils vivaient dans la rue" a-t-il indiqué, avant d'ajouter : "les assistants sociaux lui ont dit qu'il y avait un risque que les enfants lui soient enlevés s'il refusait de les envoyer à l'école".

"Il s'agissait d'une menace voilée, d'un avertissement" a ajouté Stefano Aguzzi, précisant qu'aucune démarche légale n'avait été entreprise. "Nous lui avons indiqué qu'il ne pouvait pas continuer à vivre ici sans rien payer. Nous lui avons précisé les régles à observer s'il voulait pouvoir rester ici". Et l'élu de conclure : "nous avons fait pression sur eux".

Le père "se disputait avec tout le monde". Le journal Fatto Quotidiano a de son côté publié samedi une interview de Primo Ciarlantini, un bénévole local qui avait tenté d'aider la famille Dibrani à Fano. Il a tenté d'aider le père à trouver du travail, mais souligne que la personnalité de ce dernier était problématique. "Il tenait deux jours, et après se disputait avec tout le monde. Il vivait au jour le jour, et faisait souvent des tournées pour récupérer de la ferraille. Ils étaient désespérément pauvres ici à Fano".

"Resat a décidé d'aller en France lorsque la question qu'il puisse perdre la garde de ses filles a été évoquée. (...) Les autorités de la ville voulaient prendre la garde de ses filles et leur donner la nationalité italienne, mais il ne pouvait accepter cela", a ajouté Primo Ciarlantini.

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