En Chine, la propagande fonctionne à plein régime

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En Chine, la propagande fonctionne à plein régime
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A la veille des festivités qui marqueront les 60 ans du régime communiste, le pays est sous étroite surveillance.

Tout est sous contrôle. A quelques heures de la célébration du 60 e anniversaire de la " Chine nouvelle", les autorités chinoises peuvent se targuer d’une opération de com parfaitement maîtrisée. Objectif ? Célébrer le développement et le rayonnement du pays.

Pour faire marcher à plein régime la propagande, rien n’a été oublié.Chaînes de télé qui diffusent en boucle les préparatifs du 60e anniversaire, des dizaines de films, séries télévisées et spectacles à la gloire du pays, etc. Le Parti s’est même inspiré des "blockbusters" américains avec le film "Jianguo Daye" ("La grande cause de la fondation du pays"). Le film, qui raconte la naissance de la Conférence consultative politique du peuple chinois, a été distribué dans 1.700 salles. Des acteurs vedettes comme Jackie Chan et Jet Li y participent.

La population est aussi invitée à célébrer l’évènement. Regardez ces images diffusées sur le site internet China Daily. Un micro-trottoir où les personnes interrogées expliquent ce qu’elles ont envie de voir le 1er octobre :


La sécurité a également été renforcée dans le pays. Environ 200. 000 militaires et personnes "volontaires" arpentent les rues de Pékin et procèdent à des contrôles d’identité. Regarder ces images tournées par le correspondant de CNN :


"Il y a un véritable quadrillage sécuritaire, la ville est ultra-surveillée", raconte Anthony Dufour, correspondant d’Europe 1 en Asie. "A Shangaï, les autorités ont bloqué certaines voies de circulation mais il n’y a pas de présence policière massive comme à Pékin" témoigne Baptiste Fallevoz, un autre journaliste français. "Il y a des drapeaux chinois partout", ajoute t-il. Dans les rues bien sûr, mais aussi dans les taxis, les voitures, sur les vélos".

Comme pour les JO, les "indésirables" ont été chassés de Pékin. Mendiants, sans-abri mais aussi "tous les intellectuels susceptibles d’être interrogés par les journalistes étrangers" explique Anthony Dufour. Même traitement à l’égard des dissidents : "Ce n'est même pas la peine d'essayer de les interviewer. Durant ce genre d'évènement, ils sont placés en résidence surveillée ou gentiment invités à quitter les lieux pour quelques jours" indique, de son côté, Baptiste Fallevoz.

Et sur Internet, la censure est à son apogée. "Tout est hyper filtré, c’est bien pire que pendant les Jeux olympiques", raconte Anthony Dufour. Les censures de sites se sont multipliées. Impossible également d'aller sur Facebook, Youtube, Myspace ou encore Dailymotion. Les "proxy" ("serveurs mandataires" en français) qu’on utilise d’habitude ne fonctionnent plus", affirme Baptiste Fallevoz. Des rues de Pékin aux blogs, la surveillance est belle et bien là.

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