En Afrique du Sud, les "Born Free" s’apprêtent à voter

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En Afrique du Sud, les "Born Free" s’apprêtent à voter
Pour la première fois, la génération "Born Free" va voter mercredi.@ REUTERS
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EN IMAGES - Pour la première fois, la génération née après la fin de l’apartheid est appelée aux urnes mercredi.

En Afrique du Sud, on les appelle les "Born Free", "nés libres". Cette génération née juste après la fin de l’apartheid, en 1994, va voter mercredi pour la première fois aux élections législatives. L’ANC du président Jacob Zuma fait figure de grand favori du scrutin. Bongami, 18 ans, habitant du township de Soweto, à Johannesburg, assure ainsi au micro d’Europe 1 qu’il votera "ANC jusqu’à [sa] mort, quoiqu’il se passe, car Mandela s’est battu pour la liberté contre ceux qui maltraitaient nos parents".

Des jeunes peu mobilisés. Mais l’ANC ne fait pas recette auprès de tous les jeunes, peu mobilisés pour cette élection. Seuls 646.000 du 1,9 million de "Born free", âgés de 18 ou 19 ans, sont inscrits sur les listes électorales, soit seulement un sur trois. 

Jeunes en Afrique du Sud

© REUTERS

Tsepo, 18 ans, lui aussi habitant de Soweto, confie son ras-le-bol et assure : "pour moi, l’ANC ne fait rien". "Ils continuent de faire des promesses qu’ils ne tiennent pas. Le président Zuma est mauvais président, je ne crois pas en lui", assène-t-il. 

Jacob Zuma, Afrique du Sud

© REUTERS

Zuma invoque toujours l’apartheid. Jacob Zuma, 72 ans, au pouvoir depuis 2009, et l’ANC demeurent attachés à la rhétorique de la lutte contre l’apartheid. Lors d’un discours à Ellis Park en avril, le président a ainsi cité à sept reprises le mot "apartheid".

Pour le président sud-africain, le terme même de "Born Free" n’est d’ailleurs qu’un vulgaire instrument de propagande qui sous-estime la jeunesse, écrit le Mail & Guardian. Reste que la génération "Born Free" a bien souvent d’autres préoccupations en tête que le combat contre l’apartheid, dans un pays où le chômage des jeunes atteint 40%.

Afrique du Sud

© REUTERS

Les "Combattants pour la liberté économique". Pendant la campagne, une figure nouvelle a émergé sur l’échiquier politique sud-africain : Julius Malema, 33 ans, ancien leader du mouvement de la jeunesse de l’ANC, aujourd’hui à la tête des "Combattant pour la liberté économique". 

Julius Malema, Afrique du Sud

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Son mouvement, classé très à gauche, s’adresse aux laissés-pour-compte de l’Afrique du Sud démocratique. Julius Malema promet entre autres la redistribution des richesses du pays aux plus démunis, un message qui semble particulièrement toucher les jeunes. Même si le parti n’est crédité que de 4 à 5% des intentions de votes.

Réécoutez Les Carnets du monde du 3 mai, consacrés en partie aux élections en Afrique du Sud :


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