Emmanuel Macron en Chine : "Il y a un espace pour une présence internationale"

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Le géopolitologue Pascal Boniface estime que le président français profite des récentes difficultés des dirigeants occidentaux pour se poser en leader à l’international. 

INTERVIEW

Après trois jours en Chine, quel bilan peut-on tirer de la première visite d’Emmanuel Macron dans l’Empire du Milieu ? Selon le géopolitologue Pascal Boniface, le président français a été "à la hauteur et profite de la situation" internationale pour se poser en leader. "Actuellement, Angela Merkel n’a pas de coalition en Allemagne, Theresa May doit affronter le Brexit et on se plaint de la présence de Donald Trump quand il est là. Il y a un espace pour une présence internationale, et cela fait le succès de la méthode Macron", a déclaré le fondateur et directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), mercredi soir sur Europe 1.

Macron "a redonné une stature plus importante à la France." Pour le géopolitologue, Emmanuel Macron "a redonné une stature plus importante à la France. Son agenda est beaucoup plus concentré à l’international qu’au national." Il estime en revanche que le président de la République ne s’est pas totalement démarqué de ses prédécesseurs.

"Il n’y a pas de rupture avec François Hollande ou avec Nicolas Sarkozy, mais il y a un infléchissement. Il revient vers le gaullo-mitterrandisme, c'est-à-dire une France plus indépendante, moins liée aux Américains, et qui n’est pas occidentale. Emmanuel Macron lui donne un éclat nouveau", a analysé Pascal Boniface.

Sur le déficit commercial, "la Chine ne se laissera pas apprivoiser."S’il n’a pas évoqué publiquement les droits de l’Homme, Emmanuel Macron a demandé à son homologue Xi Jinping d’ouvrir davantage la Chine aux entreprises françaises. Un sujet hautement sensible pour l’Élysée, alors que la France accuse un déficit commercial abyssal avec la Chine.

"Le déficit commercial de la France vis-à-vis de la Chine s’élève à 30 milliards d’euros. Le dire est une chose, y remédier en est une autre. La Chine ne se laissera pas apprivoiser aussi facilement", a conclu Pascal Boniface.