Elections : la crise a fait basculer l’Islande à gauche

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Elections : la crise a fait basculer l’Islande à gauche
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La coalition de centre-gauche au pouvoir depuis janvier en Islande a remporté les élections législatives anticipées de samedi, organisées après la démission du cabinet du cabinet de centre-droit sur fond d'effondrement du secteur financier.

"Je suis émue, fière et humble à cet instant où nous vivons une grande, historique victoire du mouvement social-démocrate", a déclaré la premier ministre par intérim Johanna Sigurdadottir. La dirigeante social-démocrate a rappelé que le République n'avait jamais connu de majorité au centre-gauche depuis sa création en 1944.

La coalition de centre gauche aurait obtenu 52% des voix d'après les estimations de la commission électorale. Les sociaux-démocrates sont crédités de 20 sièges et les Verts/Gauche de 14. Des discussions informelles sur la formation du nouveau gouvernement devraient avoir lieu dimanche, ont fait savoir les écologistes. Près de 228.000 électeurs étaient appelés à voter pour renouveler les 63 députés du parlement (Althing) lors d'un scrutin proportionnel à un tour.

Le Parti de l'Indépendance (conservateur), artisan de la libéralisation du secteur bancaire à l'origine du boom économique et de la crise financière, est crédité de 16 sièges, contre 25 dans la législature sortante selon les projections de la télévision publique. Le centre-droit avait cédé en janvier face à la pression populaire qui s'était exprimée dans les rues du pays et a débouché sur de nouveaux engagements politiques.

Les sociaux-démocrates, dirigés par la populaire Johanna Sigurdardottir, ont fait campagne sur la nécessité pour le pays nordique, dont la devise a perdu près de 44% de sa valeur l'an passé, d'adhérer aussi vite que possible à l'Union européenne et d'adopter la monnaie unique. Cette position n'est pas partagée par son allié gauche-verts mais ce parti a toutefois reconnu l'urgence de discuter de cette question qui divise profondément les Islandais, les eurosceptiques redoutant qu'une adhésion à l'UE ne nuise à l'industrie de la pêche, secteur traditionnel.

Déjà mal en point car jugé responsable de la sévère récession de l'économie (10% de contraction attendue en 2009), le parti conservateur avait été confronté au milieu de la campagne à un scandale après la révélation d'importants financements par des sociétés financières islandaises.