Elections en Afghanistan : 22 morts

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Elections en Afghanistan : 22 morts
@ REUTERS
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L’ONU a tiré un bilan "mitigé" des élections samedi, émaillées par de nombreuses violences.

Attentats et tirs de roquettes ont entaché, samedi, le scrutin qui a eu lieu en Afghanistan. Une roquette s'est abattue à l'aube sans faire de dégâts sur l'état-major de la force internationale de l'Otan en plein centre de Kaboul, et d'autres ont été tirées dans plusieurs villes et villages, dont une, dans l'est du pays. L'ensemble de ces incidents ont fait au moins 22 morts, tandis que les talibans ont revendiqué 150 attaques de bureaux. Néanmoins, le commandement de l'Otan a estimé qu'il y avait eu moins de violences durant les législatives que lors de la présidentielle d'août 2009.

Un bilan mitigé pour l’ONU

Le chef de la mission de l'ONU en Afghanistan, Staffan de Mistura, a estimé samedi qu'il fallait tirer un "bilan mitigé" des élections législatives et que la sécurité n'avait pas été "bonne". "Nous savions que cela serait le cas", a-t-il ajouté. "Mais est-ce que cela a affecté la participation est la question à laquelle nous devons répondre".

Des dizaines de plaintes ont également été enregistrées. "Pour l'instant, les principaux types de plaintes concernent la mauvaise qualité de l'encre indélébile et l'usage de fausses cartes d'électeurs, la plupart d'entre elles ayant été saisies, mais on ne peut exclure la possibilité que certaines aient été utilisées", a souligné Ahmad Zia Rafaat, un des responsables de la Commission des plaintes électorales (ECC).

40 % de participation

Le chef de la Commission électorale, Fazil Ahmad Manawi, a indiqué que plus de 4 millions d'Afghans avaient voté, soit 40% de l'électorat. En comparaison, le scrutin présidentiel du 20 août 2009, entaché de fraudes massives au profit du président sortant Hamid Karzaï, avait enregistré un taux de participation de 30 à 33%.

Sur le plan de la politique interne, ces secondes législatives au suffrage universel depuis la chute du régime des talibans fin 2001 ne présentent pas un grand enjeu, le pouvoir réel étant concentré dans les mains du président Hamid Karzaï. Ce dernier a été installé à la tête du pays par la communauté internationale fin 2001 et maintenu depuis grâce à elle, Etats-Unis en tête, malgré la corruption dont est accusée son gouvernement.

L'enjeu est plus important pour la communauté internationale au moment où, face à des opinions publiques réticentes à l'envoi de leurs soldats dans ce qui apparaît de plus en plus comme un bourbier meurtrier, les puissances occidentales envisagent un début de retrait de leurs quelque 144.000 militaires -américains pour plus des deux tiers- dès juillet 2011.

Plus de 10,5 millions d'Afghans devaient choisir leurs 249 députés à l'Assemblée nationale parmi plus de 2.500 candidats. 68 sièges sont réservés à des femmes. Le dépouillement des bulletins de vote a commencé dimanche. Les résultats définitifs officiels ne sont pas attendus avant le 31 octobre.