Avec Trump, le parti républicain est "dans une impasse"

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Avec Trump, le parti républicain est "dans une impasse"
@ WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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INTERVIEW

La victoire de Donald Trump en Floride et le retrait de Marco Rubio de la course à l’investiture, ont confirmé le scénario redouté par les cadres du Grand Old parti : le milliardaire américain a de grandes chances d’être le candidat de son camp à l’élection présidentielle de novembre. Une issue qui plonge le parti dans une grave crise.

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Donald Trump a-t-il une chance d’atteindre les 1.237 délégués nécessaires à une investiture automatique ?

C’est toute la question qui se pose aujourd’hui et à laquelle les cadres du parti vont réfléchir jeudi, lors d’une réunion extraordinaire. Tous les candidats de l’establishment ont quitté la course (Rubio, Bush) et le parti se retrouve dans une impasse. Ils vont essayer de trouver un moyen de freiner l’ascension de Trump.

Mais il est tout à fait possible que Trump passe la barre fatidique des 1.237 délégués d’ici la fin des primaires le 14 juin, et devienne donc le candidat républicain en novembre prochain. Nous ne serons fixés que le 6 juin, jour des primaires en Californie, puisque 172 délégués seront attribués ce jour-là. En tout cas, une chose est sûre, si Trump passe le cap des 1.237 délégués, le parti républicain aura pour obligation de l’investir, il n’y aura pas d’autre choix.

Et si ce n’est pas le cas ?

Si ce n’est pas le cas, l’establishment pourrait se tourner vers Ted Cruz ou John Kasich. Mais le problème est que face à une Hillary Clinton, aucun des deux ne fait le poids. C’est d’ailleurs ce qui divise profondément le parti républicain aujourd’hui. Il y a ceux comme Mitt Romney ou John Mc Cain qui font ouvertement campagne contre Trump ; et puis il y a ceux comme Sarah Palin, qui estime que seul Trump peut battre Hillary Clinton le 8 novembre.

Si Trump n’atteint pas les 1.237 délégués, sera alors organisée ce qu’on appelle une Convention négociée, au cours de laquelle les cadres du parti désigneront leur candidat et celui-ci pourrait ne pas être Donald Trump.

Le milliardaire prédit des émeutes partout dans le pays si le parti ne l’investit pas alors qu’il est en tête. Est-ce possible ?

Oui et non. Il faut voir ce que Trump met derrière le mot 'émeute". En revanche, ce qui est sûr c’est que le parti s’expose à une grave crise s’il ne respecte pas le principe de démocratie. Si Trump ne passe pas le cap des 1.237 délégués, mais qu’il est quand même en tête par rapport à Ted Cruz et John Kasich, il sera légitimement difficile pour la convention de le laisser de côté. Ce serait une défaite assurée pour le parti qui n’aurait plus le soutien de la base.