Élection clé au Mexique : le parti au pouvoir donné vainqueur, l'opposition conteste

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Élection clé au Mexique : le parti au pouvoir donné vainqueur, l'opposition conteste
Alfredo del Mazo, candidat du parti du président mexicain a gagné l'élection de l'État de Mexico@ JUAN HERNANDEZ MERCADO / AFP
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Miné par les scandales de corruption et l'impopularité grandissante du président mexicain, le parti du président Nieto jouait gros dans cette élection.

Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) du président Pena Nieto s'est imposé dimanche lors d'une élection test dans l'État de Mexico, l'État le plus peuplé du pays, selon de premiers résultats officiels contestés par l'opposition.

Une courte victoire. Les Mexicains élisaient leurs gouverneurs dans trois États du pays à un an de l'élection présidentielle de 2018. Au coude-à-coude dans les sondages, le candidat du PRI, Alfredo del Mazo, 41 ans et cousin du président, s'est finalement imposé selon des résultats partiels annoncés dans la soirée, face à Delfina Gomez du parti du Mouvement de régénération nationale (Morena - gauche).

Alfredo Del Mazo obtiendrait entre 32,75% et 33,59% des voix face à sa rivale qui ne réunirait qu'entre 30,73% et 31,53% des votes. "Il y a une différence statistique significative entre le premier et le second dans cette élection de gouverneur dans l'État de Mexico" a commenté Pedro Zamudio, président de l'Institut électoral en annonçant les résultats de ce premier décompte officiel, "fiable à 95%".

Un résultat contesté. Le résultat donné "ne correspond pas à la réalité" a aussitôt contesté le fondateur du parti Morena (gauche) Andrés Manuel Lopez Obrador, dans une vidéo postée après l'annonce des résultats. "Nous ne l'acceptons pas" a-t-il déclaré, considérant qu'il y avait "une égalité en termes techniques" entre sa candidate Gomez, une institutrice de 54 ans, et le candidat du PRI. "L'institutrice a gagné et nous allons le prouver. Nous n'allons accepter aucune fraude" a ajouté Lopez Obrador. Les deux partis avaient clamé leur victoire avant même l'annonce des résultats officiels.

Delfina Gomez, une institutrice devenue maire en 2013 puis sénatrice avait vu sa popularité s'accroître au cours de la campagne, usant de son image austère, honnête et proche du peuple. "Ils pensent qu'une 'petite institutrice' ne peut pas le faire", lançait-elle à ses partisans dans ses meetings.

"Le PRI n'est pas mort". Miné par les scandales de corruption et l'impopularité grandissante du président mexicain, le parti du président Nieto jouait gros dans cette élection dans l'État le plus riche du pays. Cette élection montre que "le PRI n'est pas mort" estime l'analyste politique Fernando Dworak, même si ce parti a, selon lui, peu de chances de maintenir au pouvoir après les élections présidentielles de l'an prochain. 

Une défaite dans ce fief aux mains du parti depuis plus de 80 ans aurait placé le PRI dans une mauvaise posture à un an de l'élection présidentielle de 2018 et ouvert la voie à son principal rival, le parti Morena (gauche) d'Andrés Manuel Lopez Obrador. Candidat malheureux à deux reprises aux présidentielles de 2006 et 2012, le fondateur de ce parti de gauche espérait créer la surprise et se placer idéalement pour la future présidentielle. Pour le président Peña Nieto, natif de cet État dont il a été gouverneur (2005-2011), une défaite aurait sonné comme un échec personnel et fragilisé son autorité au sein du parti.