Egypte : une Constitution qui divise

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Egypte : une Constitution qui divise
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3’CHRONO - Les Egyptiens sont appelés à voter pour ou contre la nouvelle Constitution samedi.

>> L’INFO : Partisans et adversaires d'un projet de nouvelle Constitution manifestaient vendredi en Egypte avant le début samedi d'un référendum placé sous haute protection policière et militaire. L'opposition laïque, de gauche et libérale dénonce un texte adopté en toute hâte par une commission dominée par les islamistes, qui engendre selon elle une islamisation accrue de la législation et contient des lacunes en matière de protection des libertés.

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Que dit le texte ? Le projet de Constitution, qui compte 236 articles, vise à doter le pays d'un cadre institutionnel stable, censé selon ses partisans refléter les changements intervenus dans le pays depuis la chute de l'autocrate Hosni Moubarak début 2011.

Une forte présence de la religion. La rédaction du texte a été supervisée par des islamistes, des Frères Musulmans ainsi que des Salafistes. C’est son aspect trop religieux que critiquent les partisans du "non" au référendum. Le texte renforce, par exemple, la Charia, à laquelle il existait déjà des références dans l’ancienne Constitution. Par ailleurs, la police dispose "de la capacité de préserver la morale publique", sans que ce concept soit précisément défini.

Les Egyptiens aux urnes. Le scrutin concerne 51,3 millions d'électeurs inscrits, sur une population totale de 83 millions, qui fait de l'Egypte le pays le plus peuplé du monde arabe. Les bureaux de vote seront ouverts de 8 heures à 19 heures. La date des résultats n'a pas encore été officiellement annoncée. Les Egyptiens vivant à l'étranger ont commencé à voter mercredi et pour quatre jours. Près de 600.000 expatriés inscrits sur les listes peuvent voter dans 150 représentations diplomatiques.

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Un vote en deux temps. Le référendum doit se tenir samedi dans dix gouvernorats, dont Le Caire et Alexandrie et la région instable du Sinaï. Dix-sept autres gouvernorats voteront le 22 décembre. La division du pays en deux zones de vote successives a été décidée in extremis, manifestement pour faire face à un boycott de nombreux magistrats chargés de superviser le scrutin.

Un plébiscite pour Morsi ? Outre l’aspect religieux, très présent dans le texte, ce référendum est vu comme une forme de vote de confiance pour ou contre Mohamed Morsi, le nouveau président issu des Frères musulmans et élu à une courte majorité de 51,7% des voix en juin. Il est donc très important pour le leader actuel que ce texte soit voté, pour se maintenir au pouvoir.