Egypte : place aux Frères musulmans

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Egypte : place aux Frères musulmans
Les Frères musulmans entament un dialogue avec l'armée au pouvoir.@ REUTERS
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Ils ne participeront pas à la manifestation mais vont "dialoguer" avec l'armée

Près d'un million de manifestants sont attendus mardi, à 16 heures, place Tahrir, au Caire. Ils réclament toujours le départ des membres du Conseil suprême des forces armées, en place depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011. 

Dans le cortège de manifestants, une absence notable : les Frères musulmans, le mouvement islamiste et principale force d'opposition du pays. Leurs dirigeants sont conviés, mardi, à une réunion avec le pouvoir militaire en place.

Des tensions

Au vue de la situation –déjà  26 morts depuis samedi- les Frères musulmans ont accepté de revenir à la table des négociations. "La situation a besoin de calme et de dialogue. Plus le nombre (de manifestants) grandit, plus il y aura des tensions", a précisé Saad al-Katany, secrétaire général du Parti de la liberté et la justice, membre de la confrérie des Frères musulmans. "Nous sommes pour le droit de manifester mais la situation actuelle est tendue et nous voulons la surmonter", a-t-il ajouté.

Pour la première fois depuis le début des violences samedi, le Conseil suprême des armées a reconnu que le pays était en "crise", appelant "en urgence" les forces politiques à un dialogue" pour examiner les moyens d'en sortir le plus rapidement possible".

Seconde révolution

Lundi soir, le gouvernement d'Essam Charaf, nommé en mars par le pouvoir militaire pour gérer les affaires courantes, a présenté sa démission. La raison : "les circonstances difficiles que traverse actuellement le pays". Le conseil militaire n'a pas encore dit s'il acceptait ou non ce retrait.

A moins d'une semaine du scrutin des législatives qui place les Frères musulmans en tête des sondages, le pays vit la plus grave crise depuis l'ère post-Moubarak. Sur place, les manifestants rencontrés par François Clauss, l'envoyé spécial d'Europe 1 au Caire, n'hésitent pas à parler d'une "seconde révolution".