Égypte : nouveaux heurts meurtriers place Tahrir

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Égypte : nouveaux heurts meurtriers place Tahrir
Deux personnes ont trouvé la mort vendredi soir et 70 autres blessées aux abords de la place Tahrir du Caire.@ Reuters
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L’ESSENTIEL - L'assemblée égyptienne, dominée par les islamistes, a été dissoute.

#L'ESSENTIEL

- Il y a eu des échanges de tirs entre manifestants pro-Morsi et l'armée. Au moins trois personnes sont mortes.

- Au moins cinq personnes sont mortes vendredi.

- L'assemblée dominée par les islamistes a été dissoute.

- Le guide des Frères musulmans demande le rétablissement de Morsi.

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• Des échanges de tirs au Caire. Depuis une mosquée du Caire, les partisans du président déchu ont demandé aux Égyptiens de "descendre dans la rue de façon pacifique pour dire ‘non’ aux détentions par les militaires, ‘non’ au coup d’État militaire".En début d'après-midi, des soldats et des manifestants favorables au président islamiste déchu Mohamed Morsi ont échangé des tirs vendredi au Caire. Ils ont eu lieu aux abords du siège de la Garde républicaine, une unité militaire chargé de protéger la présidence égyptienne et implantée dans le quartier du palais présidentiel. Au moins trois personnes favorables au président déchu ont été tuées et plusieurs autres blessées.

De nouveaux affrontements ont éclaté vendredi soir. Des tirs étaient entendus et les deux camps se jetaient des pierres sur le pont du 6-Octobre à proximité de la place emblématique de la capitale égyptienne. Au moins deux personnes ont trouvé la mort vendredi soir et 70 autres blessées, selon la télévision d'Etat. Des partisans de Mohamed Morsi ont également affronté vendredi l'armée égyptienne à Suez, Ismaïlia et El Arich.

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L’armée dément avoir tiré. L'armée égyptienne n'a pas ouvert le feu vendredi sur les manifestants favorables au président déchu Mohamed Morsi et n'a utilisé que des balles à blanc et des grenades lacrymogènes, a déclaré, de son côté, un porte-parole militaire. Elle a appelé à rejeter la "vengeance" et à œuvrer en vue de "la réconciliation nationale", tandis que Adly Mansour a exhorté sur la chaîne britannique Channel 4 à l'"unité".

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© Reuters

• Les partisans de Morsi resteront mobilisés.  Le Guide suprême des Frères musulmans Mohamed Badie a affirmé vendredi que les partisans du président déchu Mohamed Morsi, issu de sa confrérie, resteraient mobilisés "par millions" et ne reconnaissaient pas "le coup d'Etat militaire" qui l'a renversé.

• L'assemblée a été dissoute. Le président par intérim égyptien Adly Mansour a décidé vendredi de dissoudre la chambre haute du Parlement (Choura), a indiqué l'agence égyptienne Mena. La chambre haute, qui assumait la totalité du pouvoir législatif après la dissolution l'an dernier de la chambre des députés, était acquise au président Mohamed Morsi. Le président par intérim a également nommé un nouveau chef du renseignement, Mohammed Ahmed Farid.

 

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© Reuters

Morsi interrogé lundi. Après une vague d'arrestations lancée contre les dirigeants des Frères musulmans, le procureur général a annoncé que des poursuites seraient engagées contre neuf d'entre eux -dont Mohamed Badie- dans le cadre d'une enquête pour incitation au meurtre" de manifestants.Le prédicateur salafiste Hazem Salah Abou Ismaïl, qui n'avait pas pu se présenter à la présidentielle égyptienne de mai 2012, a été arrêté vendredi et accusé d'incitation à la violence.

Mohamed Morsi, détenu par l’armée est convoqué lundi à un interrogatoire pour "insulte à l’institution judiciaire".

> RETOUR SUR : Comment l'armée a destitué Morsi

Des policiers tués dans le Sinaï. Cinq policiers ont été tués vendredi par des hommes armés dans le Sinaï, dans le nord-est de l'Egypte, peu après la mort plus tôt dans la journée d'un soldat dans cette région instable, frontalière avec Gaza et Israël. Des hommes armés circulant à moto ont tiré sur les policiers en faction devant un bâtiment officiel dans la ville de El-Arich, tuant cinq d'entre-eux, avant de prendre la fuite.

Vendredi aux premières heures de la matinée un soldat égyptien a été tué dans des attaques simultanées de militants islamistes qui ont tiré à la roquette et à la mitrailleuse sur des postes de police et militaire de cette région, selon une source médicale.