Égypte : les grandes dates de la révolution

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Égypte : les grandes dates de la révolution
L'Egypte connait depuis fin janvier un mouvement de contestation sans précédent.@ REUTERS
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CHRONO - Retour sur les trois semaines de contestation qui ont fait tomber Hosni Moubarak.

17 juillet : Hosni Moubarak serait dans le coma, selon son avocat. L'hôpital dément.

15 juillet : Des milliers d'Egyptiens manifestent dans le pays pour réclamer un plan clair et transparent en vue de la transition au sommet de l'Etat. Au Caire, la place Tahrir est de nouveau occupée dès le 8 juillet.

13 juillet : Annonce du renvoi de plusieurs centaines de gradés de la police. Les législatives de septembre reportées d'un mois ou deux.

29 juin : De violents affrontements entre policiers et manifestants au Caire font plus de mille blessés, la grande majorité légèrement.

6 juin : Le Parti de la liberté et de la justice, issu des Frères musulmans, est légalisé.

7 mai : Les affrontements entre Musulmans et Chrétiens se multiplient. Des règlements de comte dans un quartier du Caire font 15 morts et plus de 200 blessés.

13 avril : Hosni Moubarak placé en détention préventive dans un hôpital de Charm el-Cheikh, où il a été admis après un malaise cardiaque.

28 mars : L'armée promulgue une version amendée de la loi sur les partis, facilitant leur formation, mais interdisant toujours leur constitution sur des bases religieuses.

19 mars : Référendum sur la révision de la Constitution, 77,2% des votants disent "oui".

21 février : Les avoirs de Moubarak et de sa famille sont gelés.

16 février : L'image du mouvement de contestation qui a conduit à la démission d'Hosni Moubarak est largement écornée quand une journaliste de la chaîne américaine CBS affirme avoir été agressée sexuellement par des manifestants. D'autres femmes auraient été violentées, selon l'ONG Human Right Watch.

14 février : Après la démission d'Hosni Moubarak, Le Caire demande à la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne de geler les avoirs de la famille de l'ancien raïs. Sa fortune, colossale, est estimée entre 30 et 50 milliards d'euros. Par ailleurs, l'armée appelle à cesser les mouvements sociaux et les manifestations.

13 février : Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte, a annoncé dimanche la suspension de la Constitution et la dissolution du parlement. Les militaires précisent qu'ils resteront au pouvoir pour une durée de six mois ou jusqu'aux prochaines élections législatives. Dans un communiqué lu à la télévision publique, ils annoncent également la formation d'une commission chargée d'amender la constitution et dont les conclusions seront soumises à référendum.

12 février : L'armée, qui a pris directement les rênes du pays via un conseil militaire, a promis de "réaliser les espoirs de notre grand peuple". Dans son "communiqué numéro 4", le conseil suprême des forces armées a annoncé que le gouvernement nommé quelques jours avant le départ de Moubarak restait en place provisoirement pour assurer la gestion des affaires courantes. Il a également promis une "transition pacifique" vers "un pouvoir civil élu", assurant que l'Egypte respecterait les traités "régionaux et internationaux" qu'elle a signés.

11 février : Au 18e journée de mobilisation, le vice-président Omar Souleimane a annoncé vers 17h00 (heure française) la démission de Hosni Moubarak, après trente ans de pouvoir sans partage. Le désormais ex-président, qui a quitté Le Caire pour Charm el-Cheikh, dans le Sinaï, a cédé ses pouvoirs à l'armée. Le Caire est en liesse.

10 février : Une information faisant état de la démission imminente de Hosni Moubarak a filtré via CNN, qui citait le Premier ministre Ahmed Shafiq. Le président égyptien, dans une allocution télévisée aux allures patriotiques, a démenti son départ. Il a annoncé qu'il resterait en place, mais qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat en septembre, et qu'il déléguait son pouvoir exécutif au vice-président Omar Souleimane. Ce dernier a appelé les jeunes Égyptiens à "rentrer chez eux".

9 février : Trois manifestants ont été tués dans le sud de l'Egypte, alors que la mobilisation ne faiblit pas au Caire.Selon la presse allemande, le président égyptien Hosni Moubarak, toujours aussi contesté, pourrait opportunément se faire soigner hors de son pays, et ainsi quitter le pouvoir. De son côté, Nicolas Sarkozy a apporté son soutien à ce qu'il considère comme le "début d'un printemps des peuples".

8 février : La contestation contre Moubarak ne faiblit pas. Au contraire, la mobilisation était sans précédent mardi en terme d'effectif. La place Tahrir, au centre de laquelle des manifestants ont planté leurs tentes, a accueilli en héros le cybermilitant et cadre de Google Wael Ghonim, libéré lundi après 12 jours "les yeux bandés". "J'aime à appeler ça la révolution Facebook mais après avoir vu les gens ici, je dirais que c'est la révolution du peuple égyptien. C'est formidable", a lancé le jeune homme.

7 février : La grande place Tahrir, située dans le centre du Caire, était toujours occupée dans la matinée par des milliers de manifestants qui ont passé la nuit sur place pour réclamer le départ immédiat du président Hosni Moubarak. Ce dernier a ordonné la formation d'une commission d'enquête sur les violences de mercredi. Il a également promis aux fonctionnaires une hausse de 15% de leur salaire et de leurs retraites.

6 février : Une réunion s'est tenue entre les forces d’opposition et le pouvoir. Pour la première fois, les Frères musulmans ont été associés au dialogue. L'objectif était de se mettre d'accord sur "une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution". Les Frères musulmans ont dénoncé l'insuffisance des réformes proposées et l'opposant le plus célèbre, Mohamed ElBaradei, a assuré ne pas avoir été invité à ce dialogue, qualifiant ces discussions d'"opaques", sur la chaîne américaine NBC. Sur la place Tahrir au Caire, la mobilisation reste forte.

5 février : Le pouvoir égyptien consulte dimanche l'opposition dont des responsables des Frères musulmans. Un comité pour des réformes constitutionnelles sera créé d'ici mars. Pendant ce temps, des milliers de manifestants continuent pour le 13e jour consécutif à réclamer le départ du président Hosni Moubarak. Malgré tout, la vie semblait doucement reprendre au Caire, où de nombreux commerces et banques ont rouvert, ainsi que des routes et des ponts.

4 février :Baptisé "journée du départ", vendredi a été à nouveau une journée de très forte mobilisation, mais les violences ont nettement baissé d'un cran. Cette mobilisation n'a pourtant pas fait bouger le régime, malgré un concert de déclarations internationales invitant Hosni Moubarak à mettre en place une transition dès maintenant. Le statu quo demeure.

3 février : Nouvelle journée de violences au Caire où les partisans de Hosni Moubarak et les contestataires du pouvoir se sont affrontés très tôt dans la journée, mais l'armée s'est interposée cette fois-ci. La pression internationale s'est accentué : Cinq chefs d'Etat européens, dont Nicolas Sarkozy, ont appelé à une transition "dès maintenant".Hosni Moubarak. Ce dernier aurait par ailleurs déclaré vouloir quitter le pouvoir, mais craindrait que l'Egypte ne sombre alors dans la chaos. Le président égyptien Hosni Moubarak a indiqué dans une interview qu'il aimerait quitter le pouvoir mais craignait que le pays plonge dans le chaos. Une nouvelle journée de manifestation est prévue vendredi, baptisée "journée du départ".

2 février : Des heurts ont opposé toute la journée des militants pro et anti-Moubarak dans les rues du Caire, notamment à proximité de la grande place Tahrir. Le bilan officiel fait état de trois morts et de plus de 639 blessés. Plusieurs pays semblent désormais prêts à lâcher le président Moubarak.

1er février : Plus d'un million d'Egyptiens envahissent les rues. Dans le centre du Caire, la grande place Tahrir est prise d'assaut par une marée humaine. L’opposant au régime, ElBaradei, dit souhaiter "sortie honorable" pour Moubarak. Mais dans un discours en fin de journée, le président égyptien déclare qu’il restera au pouvoir mais qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle de septembre.

31 janvier : Moubarak forme un nouveau gouvernement. Le ministre de l'Intérieur est remplacé par Mahmoud Wagdi. Les Frères musulmans rejettent le nouveau cabinet et appellent à la poursuite des manifestations jusqu'à la chute du régime. De son côté, l'armée s'engage à ne pas faire usage de la force, jugeant les revendications du peuple "légitimes".

30 janvier : Des milliers de manifestants défilent dans la capitale. L'armée boucle le centre-ville du Caire avec des chars d'assaut. Pendant ce temps, l’opposition désigne ElBaradei pour "négocier" avec le régime. Le gouvernement ordonne à la police de retourner dans les rues et Washington appelle à une "transition vers un gouvernement répondant aux aspirations" des Egyptiens.

29 janvier : Journée noire pour le pays. Au moins 33 personnes meurent dans les heurts. Moubarak tente de clamer le jeu en annonçant la nomination d'un nouveau Premier ministre, le général Ahmad Chafic, et la création du poste de vice-président, octroyé au chef des Renseignements, le général Omar Souleimane. Dans les prisons, des émeutes éclatent et des milliers de prisonniers s'évadent.

28 janvier : Des manifestations massives lancées à travers le pays dégénèrent en émeutes et font au moins 62 morts. Hosni Moubarak demande à l'armée de faire respecter la sécurité et d'appliquer le couvre-feu au Caire, Alexandrie et Suez. Le président promet des réformes et annonce un changement de gouvernement.

27 janvier : Au moins un millier de personnes sont arrêtées, selon des sources officielles. Dans le nord du Sinaï, des roquettes antichars utilisées contre la police. A Suez, des manifestants mettent le feu à une caserne de pompiers. Mohamed ElBaradei, au Caire, se dit prêt à mener la transition.

26 janvier : Des milliers de manifestants descendent dans les rues malgré une interdiction des autorités. La police fait usage de gaz lacrymogènes, de matraques et même de pierres. Les protestataires jettent des pierres sur les forces anti-émeutes.

25 janvier : début de manifestations antigouvernementales qui mobilisent des milliers de personnes. Elles ont été précédées de cinq cas d'immolation, dont un mortel, gestes rappelant celui d'un Tunisien qui a déclenché la révolte ayant renversé Zine El Abidine Ben Ali.