Égypte : la mosquée assiégée au Caire évacuée

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Égypte : la mosquée assiégée au Caire évacuée
Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi retranchés dans une mosquée du centre du Caire ont été évacués samedi après-midi, ont annoncé à l'AFP des sources au sein des services de sécurité.@ Reuters
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L’ESSENTIEL - Les affrontements se sont poursuivis samedi, après avoir déjà fait 173 morts vendredi.

L'assaut de ma mosquée. Des policiers égyptiens ont pénétré samedi matin, sans avoir recours à la force, dans une mosquée du Caire où s'étaient retranchés de nombreux partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi. Après des échanges de coups de feu, la police égyptienne a finalement réussi à les déloger. A leur sortie de la mosquée, la population les a accueilli... à coups de bâton. Vers 16h30, la mosquée était totalement évacuée mais les forces de l'ordre peinaient à prendre le contrôle total du minaret, depuis lequel, selon l'agence de presse gouvernementale Mena, des tireurs avaient ouvert le feu un peu plus tôt.

Vers la dissolution des Frères musulmans ? Le Premier ministre de transition égyptien, Hazem el Beblaoui, a proposé, samedi, de dissoudre la confrérie des Frères musulmans et cette idée est à l'étude, a déclaré un porte-parole du gouvernement. Hazem el Beblaoui a soumis cette proposition au ministre des Affaires sociale, dont relève l'encadrement des activités des organisations non-gouvernementales, a précisé Cherif Chaouki. 

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Une victime qui va faire parler. L'un des fils de Mohamed Badie, le guide suprême des Frères musulmans, a en effet été tué vendredi au Caire, a annoncé le Parti de la Liberté et de la Justice, l'aile politique de la confrérie, sur Facebook. Ammar Badie, âgé de 38 ans, a succombé à une blessure par balle reçue lors d'une manifestation sur la place Ramsès vendredi, a-t-il précisé. On ignorait samedi où se trouvait Mohamed Badie, dont le procès pour incitation à la violence doit débuter le 25 août.  Mohamed el Beltagui, un haut responsable politique des Frères musulmans, a quant à lui perdu sa fille, cette semaine, lors d'une manifestation.

Un vendredi sanglant. Les frères musulmans l’avaient annoncé : la mobilisation n’a pas faiblit, bien au contraire. Vendredi, au moins 173 personnes ont trouvé la mort dans des heurts entre partisans du président déchu Mohamed Morsi et des forces de l'ordre autorisées à tirer. Alors que des quartiers entiers du Caire ont été transformés en champs de bataille tout au long de la journée durant laquelle les pro-Morsi se sont mobilisés en masse à travers le pays, les manifestations ont quasiment cessé une heure après l'entrée en vigueur du couvre-feu nocturne, à l'appel de "l'Alliance contre le coup d'Etat". Celle-ci a néanmoins appelé à des manifestations quotidiennes à compter de samedi.

Plus de 1.000 arrestations. Les autorités égyptiennes ont interpellé 1.004 "éléments" des Frères musulmans lors des manifestations de vendredi dans tout le pays, a annoncé le ministère de l'Intérieur samedi. Dans un communiqué, le ministère accuse la confrérie islamiste d'avoir commis des actes de "terrorisme" durant les manifestations.

Des Français rapatriés. Depuis mercredi, l’Egypte est en ébullition. Alors les entreprises françaises se posent la question du rapatriement de leurs ressortissants. Si la France n'a pas officiellement demandé à ses concitoyens de quitter le pays, le Quai d'Orsay déconseille fortement de voyager à destination de l'Egypte. "Tout voyage est déconseillé jusqu’à nouvel ordre, sauf raison impérative", insiste le ministère des Affaires étrangères sur son site. Selon les informations d’Europe 1, les entreprises Vinci et Bouygues Construction -filiale de BTP du groupe français Bouygues- sont en train de rapatrier en France une vingtaine de leurs salariés ainsi que leurs familles. Les premiers rapatriements ont eu lieu vendredi et d'autres devraient suivre pendant le week-end en fonction des vols disponibles.