Egypte : l’armée dit "stop" aux grèves

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Egypte : l’armée dit "stop" aux grèves
@ Reuters
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L'armée égyptienne appelle à cesser les mouvements sociaux, qui se multiplient.

La situation est électrique en Egypte depuis le départ du président Hosni Moubarak. En charge du pays depuis le 11 février, l'armée égyptienne a appelé lundi à cesser les grèves, au moment où des employés des secteurs des transports, des banques, du pétrole, du textile et même des médias officiels sont en grève pour demander une augmentation salariale et de meilleures conditions de travail.

Le conseil suprême des forces armées "appelle les citoyens et les syndicats professionnels et ouvriers à assumer leur rôle de la meilleure manière, chacun à sa place, avec notre considération pour ce que vous avez enduré pendant de longues périodes".

"Des conséquences négatives"

Pour expliquer sa demande, l’armée souligne la nécessité de "réaliser la sécurité et la stabilité du pays et des citoyens et pour garantir que la production continue dans tous les organismes de l'Etat".

"Les Egyptiens honorables voient que ces protestations en ce moment délicat mènent aux conséquences négatives suivantes", poursuit l'armée, citant "l'atteinte à la sécurité de l'Etat, la perturbation et l'entrave à la production et du travail dans des secteurs de l'Etat, l'entrave aux intérêts des citoyens, l'impact négatif sur l'économie nationale".

"Amener la patrie à bon port"

Disant toujours s'exprimer au nom du peuple, l'armée évoque aussi la possibilité que la poursuite des mouvements sociaux puisse "préparer le terrain à des éléments irresponsables pour qu'ils commettent des actes illégaux, ce qui exige de tous les citoyens honnêtes de conjuguer leurs efforts pour amener la patrie à bon port".

"Nous espérons que tout le monde préparera le climat favorable à la gestion des affaires du pays en cette période délicate jusqu'à ce qu'elles soient remises au pouvoir civil légitime et élu par le peuple", a poursuivi le conseil. L’armée a déjà esquissé un calendrier de transition, dont l’horizon est de six mois, jusqu'aux prochaines élections législatives et présidentielle.