Egypte : ils ne veulent plus de Morsi et le disent

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Egypte : ils ne veulent plus de Morsi et le disent
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TÉMOIGNAGES - Paroles d’Égyptiens après les manifestations monstres anti-Morsi.

Comme il y a deux ans, les Égyptiens sont descendus en masse dimanche dans la rue, place Tahrir et ailleurs, aux cris de "dégage". Cette fois, leur cible n’est plus Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en février 2011, mais son successeur, l’islamiste Mohamed Morsi, président en exercice depuis un an. Au lendemain d’une mobilisation historique, Europe 1 donne la parole aux Égyptiens.

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Ahmed : Morsi, "un grand menteur". Pour Ahmed, enseignant au Caire, Mohamed Morsi est "un grand menteur". "Il a piétiné la justice, les droits des martyrs de la révolution, il nous a divisés, massacrés", lance-t-il au micro d’Europe 1, avant d’ajouter : "c’est pour ca que je veux lui dire aussi ‘merci monsieur Morsi mais tu as complètement échoué’".

Egypte manifestation anti-morsi, 460 REUTERS

Salma : "il y a tout le monde". Salma El-Tarzi a passé la nuit place Tahrir, lieu emblématique de la révolution de 2011. Elle juge le moment "historique", "parce qu’il y a tout le monde : les gens qui aiment l’armée, les gens qui aiment la police, ceux qui détestent les Frères musulmans". Et pour elle, "c’est surprenant, parce qu’on n’aurait jamais rêvé que les Frères musulmans [le parti de Mohamed Morsi] puissent, dans une période aussi courte, se faire haïr par toute cette population". Salma El-Tarzi n’a toutefois pas beaucoup d’espoir. "Pour le moment, il n’y a pas de solution, c’est ou bien les Frères musulmans, ou bien l’armée". Deux options qui sont pour elle "catastrophiques".

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Nagui : "je n'ai jamais vu ça". Un autre habitant du Caire, Nagui, confie qu'il n'avait "jamais vu ça". "Tous les gens descendaient, partout, ou bien place Tahrir, ou bien vers le palais présidentiel", raconte-t-il. "Pendant la première révolution [en 2011], il y avait trop grands centres de manifestation : Le Caire, Alexandrie et Suez. Cette fois-ci, comme le mal des Frères musulmans s'est tellement propagé, les manifestations ont eu lieu dans toutes les villes d'Égypte", compare-t-il, ajoutant : "c'était impressionnant".

Tahani : "l'Égypte est en train de vomir les Frères". Juste à côté de la place Tahrir, Tahani confie se sentir "complètement bouleversée, excitée, énervée". Elle décrit un rassemblement "très festif", avec "des familles, des enfants, des mamans, des bébés…". "Le nombre de femmes qui sont descendues dans la rue est fabuleux", se félicite la manifestante qui a "l’impression que l’Égypte est en train de vomir les Frères [musulmans]". "On les crache, on n’en peut plus !", s’exclame-t-elle, concluant : "mon sentiment profond, c’est qu’ils ne peuvent plus rester là. L’Égypte n’en veut pas".

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Aalam : "c’était insoutenable". Le blogueur Aalam Wassef, lui, se montre nettement moins optimiste. Dans les cortèges, "il n’y avait pas de slogans qui appelaient à plus de liberté, plus de démocratie", note-t-il. Au contraire, lui a relevé des slogans appelant "au retour de la police, des militaires". Et dimanche, "quand un hélicoptère de l’armée passait dans le ciel, ces millions de personnes qui étaient autour du palais présidentiel acclamaient avec des sifflements". "Tout ce que j’ai entendu, moi, ce sont des gens qui vomissaient la révolution", déplore ce Cairote pour qui "ceux qui ont fait la révolution étaient bouche bée et surtout au bord du suicide. C’était insoutenable".