Égypte : des législatives avant 2014

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Égypte : des législatives avant 2014
Des partisans de Morsi ont été tués par l'armée.@ REUTERS
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L'ESSENTIEL - Au moins 51 personnes ont par ailleurs été tuées lundi lors d'une manifestation pro-Morsi au Caire.

#L'ESSENTIEL :

- Au moins 51 personnes ont été tuées devant le siège de la Garde républicaine. Les Frères musulmans appellent à manifester mardi.

- L'armée assure que des "terroristes" ont attaqué son QG et prévient qu'elle ne "permettra à personne de menacer la sécurité nationale". Les militaires appellent aussi les partisans de Morsi à lever les sit-in.

- L’Égypte n'a toujours pas de Premier ministre.

- Le parti salafiste Al-Nour s'est retiré des négociations.

- La présidence intérimaire décrète des législatives avant 2014

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© Reuters

• Des morts devant le siège de la Garde républicaine. Les Frères musulmans ont appelé à manifester mardi dans toute l’Égypte après la mort de dizaines de partisans de Mohamed Morsi, le président déchu. Au moins 51 personnes ont en effet été tuées lundi pendant la dispersion par l'armée d'une manifestation de soutien au président déchu devant le siège de la Garde républicaine au Caire. Plus de 430 personnes ont en outre été blessées. Le parti de la justice et de la liberté (PLJ), vitrine politique des Frères musulmans, a appelé au "soulèvement du grand peuple d’Égypte contre ceux qui sont en train d'essayer de lui voler sa révolution avec des chars".

• L'armée appelle à lever les sit-in. L'armée égyptienne a répondu lundi que des "terroristes armés" avaient attaqué le siège de la Garde républicaine, tuant un officier, selon un communiqué cité par le quotidien d’État Al-Ahram. Par ailleurs, deux soldats égyptiens ont été brièvement "capturés" lundi par des pro-Morsi, selon l'armée. Le président par intérim, Adly Mansour, a ordonné l'ouverture d'une enquête. Dans l’après-midi, un porte-parole militaire a appelé i à la levée des sit-in, promettant aux manifestants qui campent toujours sur plusieurs places du Caire qu'il n'y aurait "pas de poursuites" contre eux. "L'armée ne permettra à personne de menacer la sécurité nationale", a-t-il prévenu.

• Al-Nour se retire. Dans la foulée, le parti salafiste Al-Nour,  la seconde formation islamiste du pays, a annoncé lundi qu'il se retirait des négociations sur la composition d'un gouvernement de transition en Égypte en raison du "massacre" perpétré selon lui par l'armée contre des partisans des Frères musulmans. "Nous avons décidé de nous retirer immédiatement des négociations en réponse au massacre qui a eu lieu devant la Garde républicaine", a déclaré sur Twitter le porte-parole de ce parti, Nader Baqqar. De son côté, l'imam d'Al-Azhar, principale autorité sunnite du pays, a annoncé qu'il se plaçait "en retraite" jusqu'à la fin des violences.

Des législatives avant 2014 ? Adly Mansour, président intérimaire d'Egypte, a décrété lundi soir la tenue d'élections législatives avant 2014 dans le pays entré mercredi dans une transition politique après que l'armée a renversé le président Mohamed Morsi, a indiqué le journal gouvernemental Al-Ahram. La déclaration constitutionnelle prévoit, selon le quotidien, la nomination d'ici moins de 15 jours d'un comité constitutionnel qui aura deux mois pour présenter ses amendements au président intérimaire. Celui-ci devra ensuite les soumettre à un référendum populaire sous un mois. A partir de là, des législatives seront organisées sous deux mois. Une date sera ensuite annoncée pour la tenue d'une élection présidentielle.

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© Reuters

• Impasse politique. Preuve des clivages persistants jusqu'au sein des forces associées à la transition, Mohamed ElBaradei, prix Nobel de la Paix, annoncé samedi soir comme nouveau Premier ministre, s'est heurté aux objections du parti Al-Nour. Pour ne pas s'aliéner ces ultra-conservateurs alors que les partisans des Frères musulmans sont encore dans les rues, la présidence par intérim a ensuite annoncé que "Ziad Bahaa Eldin sera très probablement nommé Premier ministre et Mohamed ElBaradei vice-président". Quelques heures plus tard, le chef d'Al-Nour rejetait aussi cette nomination en raison de l'"affiliation" de Ziad Bahaa Eldin au Front du salut national (FSN, principale coalition de l'opposition à Mohamed Morsi), plaidant pour "un technocrate qui fasse consensus ou soit accepté par 80% à 90%" des Egyptiens.

>>> ZOOM : La rumeur ElBaradei

La place Tahrir noire de monde dimanche. Alors que des avions de chasse rasaient les toits de la capitale, lâchant derrière eux une fumée aux couleurs du drapeau national, la place Tahrir était à nouveau investie dimanche par des milliers d'opposants à Mohamed Morsi. Une démonstration de force destinée à prouver que l'ex-président islamiste a été renversé par une révolution populaire et non un coup d’État.



>>> ZOOM : Les viols, fléau de la place Tahrir

L'UE appelle à "éviter les provocations". Dans un communiqué, l'Union européenne appelle à "éviter les provocations ou l'escalade de la violence". Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, appelle ainsi "toutes les parties, mais particulièrement la présidence par intérim et ceux qui sont en position d'autorité et d'influence, à tendre la main vers toutes les forces politiques, et à avancer rapidement vers la réconciliation". De son côté, Washington a demandé à l'armée égyptienne de faire preuve du "maximum de retenue", la Maison-Blanche précisant qu'il n'y aurait pas de coupes immédiates de l'aide militaire à l’Égypte.